Lhyfe vacille : le champion français de l'hydrogène vert contraint de réduire ses effectifs

Mis à jour le 02.02.2026 à 12:46
Lhyfe vacille : le champion français de l'hydrogène vert contraint de réduire ses effectifs
Spécialiste français de l’hydrogène vert, la startup française Lhyfe compte supprimer près de la moitié de ses effectifs. Un projet social d’ampleur, motivé par des débouchés limités et une rentabilité incertaine.

Les mauvaises nouvelles s’enchainent pour Lhyfe. Alors que l’entreprise a dû abandonner un gros projet dans l’Ouest, un article publié par La Tribune ce samedi 31 janvier évoque une réduction drastique des effectifs.

Selon le quotidien, la jeune entreprise compterait se séparer d’environ 100 salariés sur un total de 196 d’ici la fin de l’année. Le plan toucherait tous les départements : ingénierie, support et fonctions commerciales. En réaction à notre article, Lhyfe réfute toutefois cet ordre de grandeur, indiquant que « la moitié des effectifs » ne correspond pas à la réalité. « Une procédure est en cours, dans le cadre prévu par le droit social, mais elle n’est pas validée à ce stade. Lhyfe n’est donc pas en mesure de communiquer des chiffres précis » nous explique une porte-parole du groupe. 

Cette décision est la conséquence d’un ralentissement global de la filière. Le marché de l’hydrogène vert, notamment pour la mobilité, n’a pas connu la croissance escomptée. L’entreprise évoque « un resserrement des perspectives commerciales » et des « difficultés de rentabilité à court terme ».

Comme de nombreux acteurs de la filière, La direction pointe aussi un environnement réglementaire peu incitatif. L'absence de mécanismes de soutien concrets pour l’hydrogène renouvelable est dénoncée, tout comme les lenteurs administratives pour accéder aux aides du fonds européen CEF.

Un modèle centré sur la mobilité en difficulté

Historiquement, Lhyfe visait la mobilité routière, en particulier les bus et véhicules utilitaires à hydrogène. Mais la demande reste faible, freinée par des prix encore élevés du kilo d’hydrogène et la concurrence des batteries électriques.

Malgré plusieurs unités de production lancées à Bouin (Vendée), Buléon (Morbihan) et Bessières (Occitanie), les commandes peinent à se concrétiser. La société revendique 60 livraisons mensuelles, un volume jugé insuffisant pour assurer sa viabilité.