A l’étude depuis plus de 2 ans, Hylias se place en tête de pont parmi les bateaux à hydrogène de taille moyenne pour le transport de passagers. Son service débuterait en 2024 dans le Golfe du Morbihan. Son gabarit laisse envisager qu’il pourrait vite se décliner en plusieurs centaines d’unités pour des usages très différents.
Avec une coque en aluminium longue de 24 mètres, Hylias transporterait dès 2024 entre 150 et 200 passagers entre Vannes et l’île d’Arz : 111 sur le pont principal et 70 sur le pont supérieur. Pour sa propulsion, il disposerait de 2 moteurs d’une puissance individuelle maximale de 130-150 kW (110 kW nominale). Chacun entraînerait sa propre ligne d’arbre qui se terminerait par une hélice à 4 pales d’un diamètre de 1 m. Sans compter le propulseur d’étrave.
Le navire embarquerait 2 batteries d’une capacité énergétique de 120 kWh chacune, et 2 piles à combustible (2 x 125 kW). Ces dernières seraient alimentées par 16 réservoirs pouvant recevoir individuellement 7,5 kg d’
hydrogène vert à une pression de 350 bars. Ces contenants seraient répartis dans 2 skids identiques pré-assemblés et étudiés pour faciliter le montage et la maintenance.
En remplacement d’un navire diesel
Hylias a été dimensionné pour remplacer a service égal l’actuelle navette diesel. Le coût du premier modèle est évalué à 2,5 ou 3 fois celui d’un navire équivalent conventionnel. Mais à partir du 3e ou 4e exemplaire, le delta ne serait plus que de l’ordre de 20-25 %, selon Europe Technologies CIAM qui a mené l’étude concernant le bateau.
En fonction des scénarios d’exploitation envisagés, qui tiennent compte en particulier de la vitesse du navire et des composants de la chaîne de propulsion, la consommation énergétique estimée à la journée serait de 430, 580 ou 1 060 kWh. Ce qui se traduirait par une demande quotidienne d’hydrogène comprise entre 40 et 60 kg.
Si une suite à Hylias est déjà envisagée alors qu’il n’a pas encore pris la mer, c’est tout simplement parce qu’une analyse a permis de mettre au jour es perspectives très intéressantes. Sur 10 373 navires immatriculés en France, 1 263 pourraient être remplacés par une déclinaison de Hylias, dont 317 en Bretagne, et 85 rien que pour le département du Morbihan. D’une longueur hors-tout comprise entre 12 et 66 m, ils prennent aussi la forme de pousseurs ou de bateaux de pêches.