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Projet Left : 14 tonnes de CO2 en moins grâce à une flotte hydrogène

Projet Left : 14 tonnes de CO2 en moins grâce à une flotte hydrogène
C’est le volume de gaz à effet de serre qui n’a pas été relâché dans l’atmosphère grâce à l’emploi de 11 camions et utilitaires légers.

Installée à Liverpool, au Nord-Ouest de l’Angleterre, la société ULEMCo a adapté la motorisation diesel de 4 bennes à ordures ménagères, 1 balayeuse municipale, 1 véhicule de transport de personnes, 4 fourgons et une camionnette réfrigérée. A l’exploitation, une part de 20 à 45% du gazole a été remplacée par de l’hydrogène.

En 2 ans, 1.619 kilos de gaz H2 ont été consommés pour réaliser un total de 60.000 km. Soit à peine plus de 2.700 km par an pour chacun des véhicules. Suffisant cependant, selon ULEMCo, pour éviter le dégagement de 14 tonnes de CO2 sur cette période grâce à l’emploi d’hydrogène vert à 96% (électrolyse locale à partir d’électricité renouvelable). Ce résultat est à porter au crédit du projet d’essai de fret et de logistique à faibles émissions (LEFT, inclus dans le programme HyTime) qui vise à étudier le déploiement de véhicules à hydrogène au Royaume-Uni.

Gain de 233 g de CO2 par km

Ramené au kilomètre, le gain serait d’un peu plus de 233 grammes de CO2. Des chiffres plausibles pour des poids lourds, ou des véhicules fonctionnant longtemps avec une vitesse moyenne faible. Ce qui est le cas des bennes à ordures et de la balayeuse municipale. Sans doute aussi de la camionnette réfrigérée si le froid est obtenu et maintenu grâce au moteur thermique.

En incluant les utilitaires légers, les chiffres semblent bien optimistes sur les volumes de gaz à effet de serre non libérés. Ils le sont encore plus, et même trop, quand ULEMCo assure que le gain aurait pu être de plus de 45 tonnes par an avec des infrastructures d’avitaillement en hydrogène davantage disponibles. Pour que ce soit possible, il faudrait que les 11 véhicules aient parcouru bien plus de 2.700 km par an. Cette distance apparaît alors vraisemblablement comme celle réalisée en employant la bicarburation, en occultant les cumuls bien plus importants où les moteurs ne fonctionnaient avec seulement du gazole. C’est très certainement ainsi qu’il faut comprendre le communiqué de l’entreprise britannique.

Importantes baisses des oxydes d’azote

Première entreprise à l’échelle mondiale de conversion de véhicules à la bicarburation gazole-hydrogène, ULEMCo a relevé des baisses comprises entre 29 et 85% des oxydes d’azotes sur tous les véhicules, en fonction de leur utilisation. Les moteurs des bennes à ordures ont enregistré des valeurs nettement meilleures à celles de la norme Euro 6.

La solution développée par l’entreprise créée en 2014 repose sur un kit posé par ses soins ou l’un de ses installateurs agréés. Il comprend un réservoir de stockage à 350 bars dont le volume dépend de l’espace disponible sur le véhicule, un régulateurs de pression, une buse de refoulement, un système d’injection, un interrupteur Dual Fuel, divers composants de sécurité, des tuyaux et du câblage électrique.

Les utilisateurs du projet LEFT ont témoigné que, d’un point de vue opérationnel, les véhicules modifiés « s’adaptaient bien à leurs besoins quotidiens ». Ils ont cependant jugés perfectibles l’infrastructure d’avitaillement en hydrogène. Au bout des 2 ans d’essais, seuls ceux qui disposent à proximité de leurs passages d’un distributeur H2 fiable continuent d’exploiter ces engins au quotidien. Ainsi la municipalité écossaise d’Aberdeen.