ABT e-Line compte proposer des fourgons à pile hydrogène

ABT e-Line compte proposer des fourgons à pile hydrogène
Installée en Allemagne à Kempten, ABT E-Line diffuse déjà des utilitaires et ludospaces électriques à batterie. Devant le succès d’estime rencontré cette année à Hanovre lors du salon IAA des véhicules commerciaux, la filiale du groupe ABT se dirige vers une commercialisation d’un modèle à PAC H2 sur l’expérience du Volkswagen Crafter transformé avec Bosch.
 
Remontant à 1896, l’histoire du groupe ABT est étonnante à plus d’un titre. Pour les passionnés de bolides, sa marque ABT Sportsline est cultissime pour donner du son et du peps à de nombreux modèles piqués dans les catalogues du groupe Volkswagen. Ainsi chez Audi, Cupra, Seat, Skoda, et même Lamborghini. Le Transporteur VW T6 est passé aussi par ses ateliers. L’engin nous fournit une belle transition pour effectuer un saut de puce du côté d’ABT e-Line, autre entité du groupe. En versions utilitaire et pour le transport de personnes, ce modèle est devenu ABT E-Transporter 6.1. Il embarque une batterie de 37,3 kWh pour une autonomie réduite selon le cycle mixte WLTP entre 121 et 138 km. Le Volkswagen Caddy a lui aussi fait l’objet d’une déclinaison électrique, en reprenant le groupe motopropulseur du E-Transporter. En plus du pack lithium-ion, il compte un moteur d’une puissance de 83 kW. Ce véhicule étant plus léger, le rayon d’action est plus élevé, dans une tranche de 141 à 159 km.
 
Pourquoi ce premier copieux paragraphe pour évoquer les modèles électriques à batterie proposés par le groupe ABT, avec une possibilité de les tuner ? Pour leur faible autonomie, alors que de nombreux utilitaires enchaînent des centaines de kilomètres à la journée. C’est l’argument numéro 1 mis en avant par ABT E-Line afin de justifier son intérêt pour l’électrique à PAC H2 : « Des distances quotidiennes de 800 kilomètres sont courantes dans la logistique express, par exemple, ce qui nécessiterait des batteries de 300 kWh pour ne pas perdre de temps en recharge ».

L’entreprise rappelle que même les voitures particulières électriques premium n’embarquent pas des packs aussi importants. La place manquerait pour une telle capacité énergétique. Sur un utilitaire, l’espace nécessaire est bien présent, mais ce serait au détriment du volume dédié au fret, et surtout du poids des éléments qui augmenterait la consommation et modifierait de façon importante la conduite des véhicules ainsi alourdis.




 

Des Volkswagen Crafter H2 à l’IAA

Le Volkswagen Crafter semble décidément bien se prêter à une conversion à l’hydrogène. Le constructeur lui-même avait ouvert le tir en présentant sa propre déclinaison HyMotion à PAC H2 au salon IAA de 2018. Hasard sur la frise du temps, c’est aussi cette année-là qu’ABT e-Line avait révélé ses E-Transporteur et E-Caddy. Quatre ans, plus tard, le Crafter à PAC H2 était à nouveau en vedette, mais à la suite d’une collaboration entre Bosch et la filiale du groupe ABT. Si le premier a fourni la plupart des éléments clé de l’alimentation (pile à combustible, module d’alimentation, injecteur spécifique, compresseur, capteurs, etc.), ABT e-Line s’est occupé de la délicate intégration sur le véhicule, notamment pour obtenir une bonne répartition des masses et ne pas rogner de façon importante sur le volume dédié au transport. Ainsi que de l’homologation et du volet sécurité.

Des essais sur route réalisés à partir de septembre dernier sur 2 exemplaires ont donné des résultats encourageants. Avec un peu moins de 10 kg d’hydrogène, la distance avalée a d’emblée frisé les 540 km. Après un avitaillement de 6 minutes, les 2 fourgons étaient prêts à en parcourir autant.


 

La concurrence s’organise…

 « Nous voyons judicieusement un domaine d’application pour la pile à combustible à hydrogène dans la logistique longue distance », assure aujourd’hui Eric Plekkepoel, à la tête d’ABT e-Line. Si l’entreprise presse maintenant le mouvement, c’est très certainement en raison d’une concurrence qui s’organise. Au salon des véhicules commerciaux d’Hanovre, il y a quelques semaines, ses démonstrateurs avec Bosch n’étaient pas isolés. Un autre équipementier allemand, Schaeffler, associé avec Symbio, présentait lui aussi un Volkswagen Crafter électrique à PAC H2. Il travaille également sur une déclinaison où l’hydrogène alimente directement un moteur thermique.

« La demande du marché est si forte que nous avons décidé de commencer le développement de séries avec des partenaires », plaide ABT e-Line. L’entreprise ne donne pas de détails sur les modèles qui seront commercialisés. Juste qu’il sera possible d’installer entre 2 et 7 réservoirs sous 700 bars. Pour quelle quantité d’hydrogène, quelle autonomie, et quelle grille tarifaire ? Rien n’a été indiqué à ce sujet. Les visuels montrent, sous le capot, la PAC H2 qui fournira l’électricité au moteur actionnant les roues avant.
 

…et c’est une bonne chose

Tout porte à croire que l’utilitaire à PAC H2 qui sera bientôt lancé par ABT e-Line s’appuiera à nouveau sur la base du Crafter. Rappelez-vous : le groupe ne travaille que sur des modèles du groupe Volkswagen. Ce qui réduit forcément très fortement le choix. Dans ce cas, il entrera en concurrence avec le Renault Master à hydrogène conçu par Hyvia. Stellantis se veut aussi présent sur ce marché émergeant, mais avec des modèles moins volumineux (Citroën Jumpy, Peugeot Expert et Opel Vivaro), et donc plutôt complémentaires.

Pensez-vous que tous ces acteurs voient d’un mauvais œil cette concurrence qui s’organise ? Au contraire. Pour les premiers, il s’agit d’une légitimation du virage qu’ils ont pris un peu plus tôt que les autres. Plus il y aura de marques dans la danse, et plus l’offre sera visible, appelant clairement à l’ouverture de nouvelles stations un peu partout en Europe. De quoi interpeler les professionnels !



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