Selon l’étude réalisée par le cabinet de consultants Steer, et commandée par Transport & Environment (lobby européen autour de la décarbonation des transports), l'exploitation d'un avion à hydrogène pourrait être moins coûteuse que celle de son homologue traditionnel d'ici à 2035. Encore faut-il pour cela des politiques et des incitations adéquates et notamment une taxation des carburants fossiles à la hauteur des enjeux climatiques.
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Il n'existe pas de solution miracle pour décarboner l'aviation. Les carburants verts, la réduction de la demande et l'hydrogène joueront tous un rôle. Pour que les avions à hydrogène décollent au cours de la prochaine décennie, nous devons entrer dans le cercle vertueux de la réglementation, de l'investissement, de la baisse des prix, suivie d'une plus forte adoption. Mais le coût doit être supporté par l'industrie aéronautique et ses utilisateurs, en réservant une partie des recettes des taxes sur le carbone et le kérosène aux technologies vertes telles que les avions à zéro émission et les carburants propres ». En quelques mots, Carlos López de la Osa, directeur technique aviation chez T&E a résumé les résultats de l’étude commanditée par son organisation au cabinet de conseil Steer.
L’examen en détail des coûts d'exploitation futurs des avions H2 sur les vols intra-européens a mis en lumière que l’hydrogène sera économiquement compétitive si le kérosène est davantage taxé (actuellement, il ne l’est pas). Ce qui devrait être le cas, s’il est taxé conformément à la proposition de directive sur la taxation de l'énergie de la Commission européenne, à 10,75 €/GJ, soit environ 0,37 €/L.
Si, d'ici à 2035, la proposition de taxation n’aboutit pas, les avions fonctionnant à l'hydrogène pourraient être 8 % plus chers que ceux propulsés au kérosène. Alors qu’avec la mise en place d’une taxe sur les carburants fossiles et un prix sur le carbone, ils deviendraient 2 % moins onéreux.