Conçue pour être déployée en mer de Chine méridionale, au large de Hainan, l'installation a achevé ses premiers essais de mise en service à terre. Elle doit désormais démontrer sa capacité à fonctionner dans des conditions maritimes difficiles.


 

Une usine à hydrogène flottante et sans équipage

La plateforme embarque des électrolyseurs PEM d'une capacité de 1 000 Nm³/h, soit environ 90 kg d'hydrogène par heure. Trois systèmes de stockage distincts doivent également être testés pour évaluer leur comportement en environnement marin.

Pour résister aux conditions en mer, CIMC Raffles a développé un système d'ancrage multipoints déconnectable, dimensionné pour affronter des événements météorologiques d'une intensité statistiquement observée une fois tous les 50 ans.


L'installation dispose aussi d'un dispositif de stabilisation destiné à limiter les mouvements de la plateforme et à garantir la continuité de fonctionnement des électrolyseurs. L'ensemble pourra fonctionner sans équipage permanent grâce à un système de supervision à distance.
 
Pourquoi produire de l'hydrogène directement en mer ?
L'objectif est de contourner l'une des difficultés de l'éolien offshore : le transport de l'électricité jusqu'au continent. Plus les parcs sont éloignés des côtes, plus les câbles sous-marins deviennent coûteux. En transformant directement cette électricité en hydrogène, il devient possible d'envisager un acheminement par navire, sans nécessairement construire de nouvelles liaisons électriques de grande capacité.
Plusieurs défis restent toutefois à résoudre, notamment la résistance des équipements à la corrosion saline, leur maintenance à distance et leur capacité à fonctionner durablement malgré les mouvements de la mer.

Une première étape avant un déploiement à grande échelle

Pour CIMC Raffles, ce projet marque aussi une diversification de ses activités historiques dans le pétrole et le gaz offshore. Il prolonge notamment les travaux engagés autour de son projet d'île énergétique de Yantai, associant hydrogène, ammoniac et méthanol.

À terme, le constructeur ambitionne de développer des infrastructures capables d'approvisionner le transport maritime en carburants décarbonés.

Reste désormais à valider le fonctionnement de cette plateforme en conditions réelles. Si la mise à l'eau est effective, aucun calendrier précis de démarrage de la production en mer n'a encore été communiqué.