Créée en 2019, Hynamics devait contribuer aux ambitions d’EDF dans l’hydrogène bas carbone. L’entreprise développe, produit et commercialise de l’hydrogène destiné notamment au transport lourd et à l’industrie, avec plusieurs projets en France et au Royaume-Uni.

Son futur propriétaire n’est pas un inconnu du secteur. Hy24 se présente comme le premier gestionnaire d’actifs mondial spécialisé dans l’hydrogène bas carbone et ses dérivés. Son fonds Clean Hydrogen Infrastructure dispose d’une enveloppe de deux milliards d’euros pour accompagner le développement de cette industrie.
 

EDF présente son retrait comme une opportunité de croissance

Dans sa communication, EDF insiste sur la continuité plutôt que sur le désengagement, qui reste malgré tout difficile à masquer. Le groupe, qui cherchait à se séparer de sa filiale depuis de nombreux mois, présente cette cession comme une étape logique de la stratégie d’EDF Pulse Ventures, dont la vocation consiste à accompagner le développement de jeunes entreprises avant de transmettre le relais à de nouveaux actionnaires capables de financer leur croissance.

« La cession du capital d’Hynamics à l’un des acteurs majeurs du développement de l’hydrogène en Europe est une excellente opportunité pour accélérer le développement du portefeuille de projets », assure Julien Villeret, directeur de l’innovation du groupe EDF.

Le discours se veut donc rassurant. L’arrivée de Hy24 doit permettre à Hynamics de changer d’échelle et de poursuivre ses développements. Mais derrière cette présentation positive, la décision conserve une portée symbolique : EDF choisit de se séparer d’une entreprise qu’il avait lui-même créée pour accompagner l’essor de l’hydrogène.

Ce mouvement intervient alors que l’électricien a recentré ses grandes priorités d’investissement sur le nucléaire et les réseaux. Hynamics avait déjà connu plusieurs ajustements de périmètre ces dernières années. La cession s’inscrit donc également dans une logique d’arbitrage industriel et financier.
 

Hy24 veut faire émerger un champion franco-britannique

Pour Hy24, cette acquisition représente une nouvelle étape dans une stratégie de consolidation de la filière hydrogène. L’objectif est de regrouper des projets et des compétences autour d’acteurs disposant des capacités industrielles et financières nécessaires pour passer à une production de plus grande ampleur.

« Pour réussir le passage à l’échelle en Europe, la filière doit pouvoir s’appuyer sur des acteurs industriels solides et des partenaires financiers à même de structurer les financements nécessaires », explique Pierre-Étienne Franc, cofondateur et directeur général de Hy24.

Avec Hynamics, Hy24 ambitionne de constituer un champion franco-britannique de l’hydrogène bas carbone, capable de développer un portefeuille de projets industriels sur les deux marchés.

Le montant de l’acquisition n’a pas été communiqué. Les deux parties n’ont pas non plus détaillé le calendrier de réalisation des différents projets actuellement portés par Hynamics.

Pour Hynamics, la prochaine étape sera donc de transformer les ambitions affichées par son futur actionnaire en réalisations concrètes. Pour EDF, cette vente marque la fin d’un chapitre ouvert en 2019. Et pour l’hydrogène européen, elle témoigne d’un marché qui cherche désormais à consolider ses projets plutôt qu’à multiplier les annonces.