Au total, l’Europe compte aujourd’hui 11 projets de grande ampleur en cours de construction. « Pour mettre les choses en perspective, les États-Unis n’ont enregistré que deux décisions de ce type au cours de la même période » a-t-elle comparé, estimant que les investissements européens dans l’hydrogène devraient augmenter de 140 % en 2024.
« L’hydrogène renouvelable est là, il se développe et ce n’est que le début »Avec REPowerEU, l’Union européenne ambitionne de produire 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable sur son territoire d'ici à 2030. Outre les nombreux financements alloués pour accélérer la production, l’Europe entend également stimuler la demande, notamment dans l’industrie.
« En vertu de la directive sur les énergies renouvelables, au moins 42 % de l’hydrogène utilisé dans l’industrie et 29 % dans les transports doivent être renouvelables d’ici 2030 » a-t-elle souligné, jugeant que cette mesure pourrait « changer la donne » si elle était « bien appliquée ». Une façon de mettre la pression sur les Etats membres, qui ont jusqu'en mai 2025 pour transposer ces objectifs dans leurs législations nationales.
Banque de l’hydrogène : une seconde enchère en décembre
« Il reste encore de gros défis à relever » a reconnu la Présidente de la Commission. « Tous les projets sur papier ne parviennent pas à la phase de construction. Mais à chaque échec, nous apprenons et nous améliorons » a-t-elle souligné. « Rome ne s’est pas construite en un jour, pas plus qu’une économie européenne de premier plan et neutre pour le climat… » a-t-elle insisté. Porté par la nouvelle Commission européenne, le nouveau Clean Industrial Deal entend « donner la priorité aux infrastructures nécessaires pour relier les projets d'hydrogène à grande échelle aux utilisateurs finaux », en privilégiant certains secteurs comme celui de l'acier.En parallèle, la Banque de l’hydrogène, qui subventionne chaque kilogramme d’hydrogène renouvelable produit, prépare sa seconde enchère. Attendue en décembre, celle-ci sera dotée d’une enveloppe de 1,2 milliard d’euros. Par rapport à la première enchère, qui avait retenu 7 projets, elle comprendra une clause spécifique destinée à encourager l’utilisation d’équipements provenant d’entreprises européennes. Une façon de contrer la montée en puissance des électrolyseurs chinois.

