John Cockerill sous pression pour sauver sa filiale hydrogène

Mis à jour le 23.06.2025 à 11:31
John Cockerill sous pression pour sauver sa filiale hydrogène
En difficulté financière, la division hydrogène de John Cockerill cherche de nouveaux financements. Un accord de principe a été trouvé avec certains actionnaires, mais d’autres pistes sont encore explorées.

Les acteurs de la filière hydrogène continuent de subir de plein fouet le ralentissement du marché. Alors que McPhy a droit à un ultime recours, le groupe d’ingénierie liégeois John Cockerill cherche en urgence entre 80 et 100 millions d’euros pour sauver sa filiale hydrogène, spécialisée dans la fabrication d’électrolyseurs. Cette opération vise à garantir la continuité de l’activité et à éviter une crise financière plus large au sein du groupe. Sans ce refinancement rapide, les comptes risquent de ne pas être certifiés sans réserve, ce qui mettrait l’ensemble du groupe en péril avant son assemblée générale.

Malgré une levée de fonds de 230 millions d’euros l’année dernière, la filiale est aujourd’hui à court de liquidités. Les fonds issus de contrats internationaux, notamment en Inde et en Chine, ne seront versés que plus tard, et la lente montée en puissance de l’hydrogène vert en Europe crée un déséquilibre financier. Face à cette situation, John Cockerill a sollicité l’aide de ses coactionnaires : la SFPIM, Wallonie Entreprendre et SLB ont accepté de remettre des fonds, sous conditions.

Selon le quotidien lecho.be, un accord de principe aurait été trouvé. Les entités publiques injecteraient chacune entre 10 et 20 millions d’euros sous forme de prêts convertibles, tandis que SLB apporterait des fonds directement dans la filiale. En échange, les créanciers exigeraient l’ouverture du capital de la maison mère, aujourd’hui détenue à 100 % par la famille de Bernard Serin.

Parallèlement, la vente d’actifs non stratégiques pour au moins 10 millions d’euros est envisagée. Certains acteurs, comme Resa ou Nethys, ne participeront pas à ce tour, tandis que Fluxys doit encore statuer. D’autres investisseurs externes pourraient également être sollicités pour compléter le financement.
 
Réaction de John Cockerill - 23/06/2025 à 11h30
À la suite de la publication de cet article, John Cockerill a pris contact avec la rédaction pour contester plusieurs affirmations relayées par Lecho.be. "John Cockerill travaille depuis un certain temps déjà sur cette levée de fonds et nous progressons bien en parallèle sur plusieurs options. Comme nous travaillons depuis un certain temps déjà sur différents scénarios, nous n'avons aucune inquiétude particulière. Nous sommes confiants quant à l’atteinte de notre objectif de levée de fonds" a indiqué à H2 Mobile un porte-parole du groupe.
Le groupe dément également toute mise en péril, tant pour sa filiale hydrogène que pour la maison mère, et assure que John Cockerill Hydrogen n’est pas à court de liquidités, excluant également passage toute vente d'actifs. 


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