Pile hydrogène : Symbio inaugure la plus grande gigafactory d'Europe

Pile hydrogène : Symbio inaugure la plus grande gigafactory d'Europe
Présenté comme le plus grand site dédié à la production de piles à combustible hydrogène en Europe, la gigafactory SymphonHy de Symbio a été inaugurée ce mardi 5 décembre en présence de deux Ministres. Située à Saint-Fons, au cœur de la vallée de la chimie, elle pourra produire jusqu’à 50 000 systèmes par an.
 
Symbio change d’échelle ! Détenue à parts égales par Faurecia, Michelin et Stellantis, l’entreprise lyonnaise a inauguré ce mardi 5 décembre son tout nouveau site industriel en présence d’Agnès Pannier-Runacher, Ministre de la Transition énergétique, de Roland Lescure, Ministre de l’Industrie et de Laurent Wauquiez, Président de la Région Auvergne Rhône-Alpes.


 

Un changement d’échelle

Longtemps concentré sur son site historique de Vénissieux, le fabricant de piles à combustible s’offre avec Symphony un nouveau site industriel à la pointe de la technologie.  « A Vénissieux, c’était du LVMH… tout était minutieusement réalisé à la main par nos opérateurs. A Saint-Fons, tout est automatisé, on passe dans un autre monde » souligne Philippe Rosier, CEO de Symbio.
 
Installée sur un site flambant neuf de 26 000 m² qui pourra à terme être portée à 40 000 m², l’usine Symphony regroupe plus de 450 ingénieurs, dont 100 dédiés à l’innovation. Alors que l’usine historique de Vénissieux ne pouvait produire que 2600 systèmes par an, la nouvelle annonce une capacité de départ de 16 000 systèmes avec l’ambition de porter la production à 50 000 dès 2026.



Une montée en puissance qui est également synonyme de baisse des coûts. « Lorsque Michelin a sorti sa première pile, elle coûtait 500 000 €. Nous sommes parvenus à réduire ce coût d’un facteur 10. Le défi qui est donné à SymphonHy est de le réduire d’un facteur 2 » a expliqué Florent Menegaux, Président de Michelin.
 
« Atteindre les 50 000 systèmes par an, c’est le premier seuil critique en matière de passage à l’échelle » souligne le patron de Symbio. « La première bataille est là, en amont d’une seconde qui se livrera sur les poids lourds à horizon 2028-2030 ».



En matière de stratégie, Symbio mise sur ce qu’il appelle un « go to market intermédiaire » permettant de couvrir des segments de marché existants et d’atteindre rapidement le premier seuil de production visé. Les lignes de production se concentrent ainsi sur deux niveaux de puissance : le 40 kW qui équipe déjà la gamme d’utilitaires hydrogène de Stellantis et le 75 kW pour des applications un peu plus lourdes telles que le rétrofit. Sur le nouveau site Symphony, le démarrage de la production en grande série est attendu pour le 1er juillet 2024, le temps que la phase de pré-série soit validée.
 
Des plaques bi-polaires made in France

Composant essentiel de la pile, les plaques bipolaires seront directement livrées à l’usine SymphonHy par Innoplate, une nouvelle joint-venture réunissant Symbio et l’allemand Schaeffler. Situé à Hagueneau, en Alsace, le nouveau site sera inauguré en début d’année prochaine. « Jusqu’à présent, ces plaques étaient produites en Chine. Elles seront produites en France dès 2024 » souligne Philippe Rosier.
 
La production sera en grande partie accaparée par Stellantis. Outre ses utilitaires de taille moyenne déjà commercialisés, le constructeur souhaite intégrer la technologie hydrogène à ses grands fourgons. Désormais propriété du groupe, la marque américaine Ram prévoit également faire appel à la technologie de Symbio pour son futur pick-up à pile à combustible dont l’arrivée a été annoncée par Carlos Tavares pour « 2026 ou 2027 ».
 
Stellantis n’est évidemment pas le seul client de Symbio. Safra a choisi la PME française pour son nouveau bus à pile à combustible H2City ainsi que GCK pour ses activités rétrofit. Au total, Symbio indique travailler avec une vingtaine de clients, la plupart travaillant sur des « proof of concept » visant à valider l’intégration du système à bord de démonstrateurs avant d’envisager une commercialisation.


 
SymphonHy en chiffres

-Une capacité de production de 16 000 systèmes actuellement, 50 000 dès 2026
- 26 000 m2 de construction à présent, 40 000 m2 à terme
- 7 000 m2 consacrés à l’innovation
- 8 000 m2 de salles blanches labellisées ISO8 répartis
- Plus de 450 ingénieurs, dont 100 dédiés à l’innovation et environ 20 PhD couvrant un  large éventail de disciplines (électrochimie, chimie, matériaux…) réunis dans un même centre d’innovation de classe mondiale
- Plus de 100 bancs de tests  
 

Une gamme appelée à s’étendre 

Au-delà des deux premiers systèmes, Symbio compte enrichir sa gamme. Pour les petites applications telles que les chariots-élévateurs, l’industriel prévoit la production de petites piles de 8 kW. A l’opposé, les équipes de Symbio travaillent également sur des systèmes en 150 et 300 kW spécifiquement conçus pour la mobilité lourde. Le premier devrait arriver en 2024 pour un lancement sur le marché l’année suivante, en 2025, tandis que le second sera lancé à partir de 2026, le temps que la technologie soit arrivée à maturité. 
 

Une seconde gigafactory à venir

Pour Symbio, l’usine SymphonHy n’est qu’une première étape. A horizon 2028, l’industriel souhaite passer à un objectif de 100 000 systèmes par an via le déploiement d’un second site industriel dans l’Hexagone.

En parallèle, le fabricant avance ses pions aux Etats-Unis avec un premier site dédié à l’assemblage de poids lourds équipés de piles à combustible. Doté d’une capacité de 250 unités par an, il devrait passer à 2500 à horizon 2025.
 
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