Avec ses nanofibres, M-Spin veut révolutionner l'électrolyse

Avec ses nanofibres, M-Spin veut révolutionner l'électrolyse
En bref
  • Spin-off de l'Imperial College de Londres, M-Spin a développé un nouveau matériau pour booster la rentabilité des électrolyseurs
  • Rendement multiplié par cinq et coûts de production réduits de 30 %
  • Maillage nanofibreux offrant une surface active 1 000 fois supérieure aux mousses métalliques
  • Technologie compatible avec les électrolyseurs existants et facilement industrialisable
La start-up britannique M-Spin affirme avoir développé un maillage métallique nanofibreux capable de multiplier par cinq la production d’hydrogène tout en réduisant son coût de 30 %.

Spin-off de l’Imperial College de Londres, la jeune entreprise M-Spin dit avoir franchi une étape importante dans la fabrication d’hydrogène vert. Au cœur de l’innovation, la conception de tapis métalliques nanofibreux destinés à améliorer le rendement des électrolyseurs sans en modifier l’architecture.

Composés de fibres mesurant entre 500 nanomètres et 1 micromètre, ces tapis présentent une porosité pouvant atteindre 90 %. Selon l’entreprise, leur surface active est 1 000 fois supérieure à celle des mousses métalliques classiques, ce qui favoriserait le transport ionique et la densité de courant dans les électrolyseurs.

Les tapis métalliques de M-Spin (à gauche) possèdent une surface 1000 fois supérieure à celle des mousses métalliques (à droite).
 

Un rendement optimisé et des coûts réduits

« Nos tapis permettent d’augmenter le taux de production d’hydrogène par un facteur de trois à cinq, avec un gain d’efficacité de 10 % » chiffre Ian Johnson, responsable du développement produit chez M-Spin.

Une hausse de rendement clé à l’heure où l’augmentation du prix de l’électricité nuit à l’équilibre économique de l’électrolyse. Utilisés comme collecteurs de courant ou couches poreuses de transport dans des électrolyseurs alcalins ou PEM, ces structures pourraient réduire le coût de production de l’hydrogène de 30 %, selon la société.

M-Spin précise que son procédé de fabrication, propriétaire et évolutif, permet de travailler divers métaux, alliages et céramiques. Les caractéristiques des fibres — taille, géométrie des pores — peuvent être adaptées aux besoins spécifiques de chaque application.

Une intégration « plug & Play »

L’un des principaux atouts mis en avant est la compatibilité avec les systèmes existants. La technologie peut être intégrée sans nécessiter de modifications majeures.

La production des tapis nanofibreux est en outre annoncée comme peu génératrice de déchets, abordable et facilement industrialisable. De quoi faciliter l’adoption de la technologie à grande échelle.

Une start-up issue de l’Imperial College of London

Fondée fin 2024, M-Spin a levé 1,2 million de livres lors de son lancement grâce à un financement d’amorçage porté par l’Imperial College Enterprise Fund, un fonds dédié aux spinouts fondés par des étudiants, anciens élèves ou chercheurs de l’université. A l’époque, l’entreprise s’était donnée 18 mois pour valider les performances et la durabilité de ses tapis dans des formats compatibles avec une production industrielle.

« Il y a trois grands défis », avait alors expliqué le Dr Ouyang, cofondateur. « Le premier consiste à élargir la gamme de métaux utilisables, y compris ceux que les procédés classiques ne permettent pas de façonner. Le deuxième est de démontrer la stabilité des matériaux sur le long terme dans des conditions d’électrolyse de l’eau. Le troisième défi est de passer à l’échelle tout en conservant une maîtrise précise des microstructures ».  


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