Cinq ans environ ont passé depuis les premières expérimentations à Paris et Lyon des navettes électriques flottantes et volantes de SeaBubbles. Beaucoup de choses ont changé depuis. C’est ce que nous explique Jean-Marie Nicot-Berenger, aujourd’hui à la tête de l’entreprise.
En 2017, le bateau volant SeaBubble avait une empreinte au sol pas si éloignée de celle d’une Tesla Model 3 : 4,60 x 2,27 m. C’est environ 10 cm de moins en longueur que la berline électrique américaine, mais 18 cm de plus en largeur en comptant les rétroviseurs déployés. En revanche, grâce à l’usage de la résine et de la fibre de carbone, le poids de la navette était similaire à celui d’une Smart Fortwo électrique (1 250 kg environ). De quoi transporter jusqu’à 4 personnes, à condition de ne pas dépasser 400 kg avec le pilote et les éventuels bagages.
A l’époque, il n’était pas question d’hydrogène. Une batterie d’une capacité énergétique de 42 kWh alimentait un moteur électrique d’une puissance de 20 kW. L’autonomie était évaluée à 80 kilomètres environ, ou 4 heures de service, avec une vitesse de croisière de 21 km/h. Pour commencer à décoller de l’eau, guidé par ses 3 foils, l’engin devait atteindre les 13 km/h.
Que de changements depuis !
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L’entreprise a été créée en 2016 par Alain Thébault et Anders Bringdal. Leur projet était de faire voler des bateaux-taxis sur l’eau pour désengorger les villes. En 2019, un modèle fonctionnel pour 4 personnes évoluant à une vitesse raisonnable a été réalisé. Au moment d’aborder la phase d’industrialisation, Alain Thébault s’est retrouvé seul, cherchant de nouveaux financements en début d’année 2020. Puis, il y a eu la Covid », lance Jean-Marie Nicot-Berenger.
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J’ai personnellement rejoint l’aventure en septembre 2020. Nous avons repris la planche à dessin. Le projet a été revu avec des caractéristiques supérieures. C’est à ce moment que nous avons décidé d’intégrer une pile hydrogène qui permettrait de disposer d’une autonomie suffisante pour transporter au moins le double de personnes », poursuit-il. «
En décembre 2020, l’entreprise SeaBubbles a été rachetée par le fonds d’investissement Mediapps Innovation. Son président Bechara Wakim est très connu à Lyon dans le monde de l’informatique, de l’électronique et du médical hight-tech », souligne-t-il.
Une équipe qui s’étoffe
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En désaccord avec Mediapps Innovation, Alain Thébault a décidé de partir en février 2021. J’ai repris l’équipe dont l’effectif est passé de 5 à 25 collaborateurs aujourd’hui. Ils sont ingénieurs, commerciaux ou travaillent dans l’administratif. Nous avons recruté un ancien d’Airbus et un spécialiste des drones », explique Jean-Marie Nicot-Berenger. «
Notre siège est à Saint-Jorioz, en bordure du lac d’Annecy, à une dizaine de kilomètres de cette ville, et à proximité de la Suisse. Cette implantation est intéressante, car la zone bénéficie d’un véritable savoir-faire en matière d’hydrogène, en particulier avec le fabricant de stations d’avitaillement Atawey et le CEA », justifie-t-il.