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Fabio Ferrari, Symbio : « il faut baisser le prix de l'hydrogène au niveau du diesel »

Fabio Ferrari, Symbio : « il faut baisser le prix de l'hydrogène au niveau du diesel »
Dirigeant de Symbio et Vice-Président de l’AFHYPAC, Fabio Ferrari a fait un état des lieux de l’hydrogène en France en ce début 2020, notamment sur la mobilité.

Le début de la dernière décennie n’a pas été florissant pour l’hydrogène, mais ces dernières années ont montré une croissance encourageante. Le salon HyVolution 2020 traduit cet engouement pour la filière. Présent cette semaine pour la présentation de ce prochain évènement, Fabio Ferrari dresse un état des lieux de cette industrie en France, encore considérée par beaucoup comme une niche.

L’hydrogène dans une « nouvelle dynamique »

« On a démontré que c’était faisable, notamment avec la pile à combustible pour la mobilité », se félicite le PDG de Symbio. « Cette production va s’accélérer, du véhicule public au camion à hydrogène, à cause de la réglementation plus pressante sur les constructeurs, mais aussi sur les acteurs du gaz » analyse-t-il.

« Le plus important, c’est d’aider le développement des stations et de l’industrie. Tout le monde doit y aller en même temps », clame le Vice-président de l’AFHYPAC, « Il ne faut pas répéter l’erreur faite sur les panneaux solaires ou la batterie. Nous sommes désormais en retard sur ces domaines, mais pour l’hydrogène, on peut être en avance » a-t-il estimé, appelant à ne pas reproduire le cas de l’Allemagne où « les stations ont poussé, mais pas les véhicules. »

« Nous avons la capacité. Par exemple, on peut recycler l’industrie du diesel, comme dans la Vallée de l’Arve », continue-t-il, « Chez Symbio, on a multiplié par 4 notre effectif (200 contre 50 en 2018). En France, quelques milliers d’emplois sont aujourd’hui en place dans la filière hydrogène, en majorité dans l’ingénierie de conception, on veut y rajouter un 0 ces prochaines années ».

Les financements publics à la rescousse

« Concernant le plan Hulot il y a eu un trou d’air », confie F. Ferrari. Dévoilé en 2017, ce plan prévoyait un investissement public de 500 millions d’euros sur 5 ans. Cependant, aucun financement n’a été opéré, mais tout n’est pas perdu. « Cela va repartir prochainement, avec une nouvelle dynamique. Pour la V2, on devrait être dans les mêmes ordres de grandeur », assure F. Ferrari. En décembre, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a précisé que l’hydrogène devrait faire partie du « Pacte productif ».

« Les mesures l’IPCEI (Important Project of Commun European Interest, ou projet d’intérêt commun européen d’importance) facilitent les investissements dans l’UE » complète le patron de Symbio. « Il faut en profiter, afin de ne pas se laisser distancer par la Chine et le Japon, où l’Etat peut intervenir plus facilement et où les prêts à long terme sont plus attractifs » avertit-il.

« Concernant les véhicules, nous en sommes à plus de 300 en 2019, et bientôt 400 » chiffre-t-il. La flotte de taxis Hype en attire un grand nombre et vise les 600 voitures en 2020 à travers une flotte répartie entre Toyota Mirai et Hyundai Nexo. Les véhicules lourds se développent aussi, à l’instar des bus récemment inaugurés à Pau.

Quid de 2020 et de l’avenir ?

« Pour 2020, c’est encourageant, puisque l’on compte plus d’un milliard d’euros d’investissement en France dans l’hydrogène », affirme-t-il en défenseur de l’hydrogène « De plus les pétroliers s’y mettent, comme Shell, et l’on attend Total » poursuit-il. Ce dernier sera d’ailleurs présent sur le salon HyVolution, où des annonces devraient être effectives.

Enfin, il reste l’enjeu de l’hydrogène vert. Plus de 90% de la production vient de gaz, donc émetteur de gaz à effet de serre. « Dans la mobilité, c’est essentiellement de l’hydrogène décarboné ou vert », rassure le dirigeant. « Il faut développer les électrolyseurs, dont l’hydrogène est encore 2 à 3 fois plus cher, mais il a déjà vu son prix baisser de 3 à 4 fois en 5 ans, et cela va continuer » assure-t-il.

Le but est « de baisser le prix de l’hydrogène au niveau du diesel rapidement » afin que l’adoption décolle chez les flottes et collectivités. Ce sont ces dernières qui sont visées initialement, pour une simple raison selon lui : « il faut quelques centaines de stations à hydrogène pour les satisfaire, alors qu’il en faudrait 10.000 pour les particuliers. »