Selon une étude de la société d’expertise-conseil Aurora Energy Research, dans certains pays européens, l’importation d’hydrogène vert en provenance du Maroc pourrait être plus avantageuse à horizon 2030 qu’une production nationale.
Fondé en 2013 par des professeurs et des économistes de l’université britannique d’Oxford, Aurora Energy Research s’active à rendre compte de la transformation mondiale des systèmes énergétiques poussée par l’actuelle situation environnementale. Elle diffuse pour cela des analyses qui décryptent les données relevées sur les marchés internationaux. Pour signaler qu’en 2030 les importations d’hydrogène vert pourraient être compétitives, et même parfois moins chères que la production nationale en Europe, l’organisme a plus particulièrement étudié le cas de l’Allemagne.
Pourquoi ce pays ? Sans doute parce que Aurora Energy Research a ouvert à Berlin un bureau particulièrement actif. Les résultats publiés s’inscrivent dans la volonté de l’UE, exprimée dans son
plan REPowerEU, de réagir aux perturbations constatées sur les marchés mondiaux de l’énergie à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. De façon plus ou moins importante, l’hydrogène vert est ainsi appelé à prendre le relais du gaz naturel, du charbon et du pétrole dans les transports, ainsi que dans les industries difficiles à décarboner.
3,72 euros le kg au mieux depuis le Maroc
En se limitant aux électrolyseurs directement branchés aux énergies solaire et éolienne, mais isolés du réseau électrique national, le coût de production de l’hydrogène vert en
Allemagne s’inscrirait dans une fourchette de 3,90 à 5 euros le kilogramme. Il s’agit d’une estimation actualisée et moyenne sur la durée de vie des installations. Inutile de ménager le suspense, le scénario le plus concurrentiel, hors fourniture intra-EU, serait une importation par pipeline depuis le Maroc où le coût de production locale s’élève à 3,20 euros le kg.