Un million de milles nautiques : ce consortium veut prouver que l'hydrogène peut propulser les grands navires

Un million de milles nautiques : ce consortium veut prouver que l'hydrogène peut propulser les grands navires
Source : VTT Research
Avec le projet MiNaMi, industriels et laboratoires visent à développer des piles à hydrogène de plusieurs mégawatts capables d’alimenter des navires pendant un million de milles nautiques et plus de 80 000 heures d’exploitation.

La propulsion hydrogène gagne progressivement du terrain dans la décarbonation du transport maritime. Le projet MiNaMi, acronyme de « Million Nautical Mile Fuel Cell System », vise à concevoir un système de pile à combustible PEM capable de fonctionner sur un million de milles nautiques et quelque 80 000 heures d'exploitation.

Soutenu à hauteur de 7 millions d’euros par la Commission européenne, le projet a été officiellement lancé mi-février à Espoo, en Finlande.
 
Un consortium couvrant toute la chaîne de valeur
Le projet est coordonné par le centre de recherche technique finlandais VTT. Il réunit plusieurs industriels, dont PowerCell Sweden, DFDS, Vaisala, ABB Marine & Ports et Allengra. Des organismes de recherche participent également, comme SINTEF, CERTH et la Fondazione Bruno Kessler.

Une attention particulière portée à la durabilité

Les partenaires du projet concentrent leurs travaux sur la longévité opérationnelle des piles à combustible. Selon le fabricant PowerCell, la durée de vie ne dépend pas uniquement de la technologie du stack. L’intégration du système, les stratégies de contrôle et les profils d’exploitation influencent aussi la performance globale.

Les conditions maritimes imposent en effet des exigences élevées en matière de fiabilité. Les travaux portent également sur les concepts de maintenance adaptés à des opérations de très longue durée.

Vers des systèmes dépassant les 10 MW pour les applications lourdes

Le consortium développe un système PEM modulaire ainsi que l’électronique de puissance associée. Cette brique technologique doit permettre d’envisager des installations dépassant 10 MW.

Un niveau de puissance qui ouvre la voie à l’électrification de grands navires. Les partenaires évoquent aussi des applications à forte demande énergétique, notamment dans l’aéronautique. L’objectif reste de démontrer que l’hydrogène peut répondre aux besoins des secteurs les plus exigeants.