Mobilité hydrogène : l'Europe sommée de réagir pour amorcer la filière !

Mobilité hydrogène : l'Europe sommée de réagir pour amorcer la filière !
Face à une adoption jugée trop lente en Europe, la Global Hydrogen Mobility Alliance dévoile une stratégie de marché pour faire passer la mobilité hydrogène à l’échelle.

Réunis à Bruxelles à l'occasion de l'Hydrogen Week, les membres de la Global Hydrogen Mobility Alliance (GHMA) ont présenté une stratégie d’activation du marché de la mobilité hydrogène. Lancée il y a quelques mois, cette coalition regroupe des acteurs clés des transports, de l’énergie et de l’industrie investis dans la transition énergétique.

Dans son rapport, l’alliance insiste sur la valeur stratégique de l’hydrogène comme complément à l’électrification, notamment pour la mobilité lourde, regrettant que les politiques actuelles n’aient pas permis d’amorcer le marché. Mais les politiques actuelles n’ont pas permis d’amorcer le marché ni de réduire suffisamment les coûts d’entrée.

“Sans action urgente, l'Europe risque de se laisser distancer dans la course mondiale, prisonnière de coûts élevés, d'une faible utilisation et d'une adoption lente” pointe la GHMA dans son communiqué. 

Cinq leviers prioritaires pour amorcer le marché

Pour inverser cette tendance, la GHMA propose une feuille de route centrée sur cinq leviers opérationnels. Elle recommande de concentrer les premiers déploiements sur les poids lourds, identifiés comme le segment prioritaire, notamment dans les bassins industriels où l’hydrogène est déjà disponible à grande échelle.

La coalition plaide également pour une réduction rapide du coût à la pompe. Il estime que l’hydrogène peut déjà être proposé entre 8 et 10 euros le kilo, voire moins avec une montée en puissance de la chaîne d’approvisionnement. Cela suppose des aides ciblées à l’achat de camions, des contrats garantissant la demande et une transition rapide vers l’hydrogène liquide.

L’alliance appelle également à la construction de stations de ravitaillement capables de distribuer au moins une tonne par jour. Le déploiement des véhicules et des stations doit être synchronisé pour assurer une utilisation rapide et rentable des infrastructures.

Autre point clé : dissocier, dans un premier temps, le développement des véhicules et des stations de la production entièrement décarbonée d’hydrogène. Cette approche transitoire, déjà appliquée dans d’autres régions du monde, doit s’accompagner d’un calendrier clair vers un hydrogène 100 % renouvelable.

Enfin, l’industrie attend des politiques publiques qu’elles simplifient les réglementations, accélèrent les procédures d’autorisation et soutiennent les projets capables d’atteindre une masse critique. Les subventions doivent favoriser les écosystèmes viables, tant pour les infrastructures que pour les flottes.

Un objectif chiffré pour 2030

La phase d’activation envisagée prévoit le déploiement de quelques milliers de camions hydrogène d’ici 2030, en premier lieu concentrés dans les grands hubs européens. Cette échelle permettrait de faire baisser les coûts de production des camions et de ramener le prix de l’hydrogène à 6 €/kg dans les régions les plus favorables.  


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