H2 Mobile a pu se rendre dans les environs de Lyon pour embarquer à bord des camions à hydrogène d’Hyliko. Les premiers exemplaires devraient être livrés cet été à l’occasion des JO de Paris.
Dernière ligne droite pour Hyliko ! Engagée depuis 2021 dans une activité de rétrofit hydrogène sur le segment du poids lourd, la startup française peaufine les derniers réglages de ses premiers camions à pile à combustible sur le site de Transpolis, en périphérie de Lyon. L’occasion de convier la presse pour un premier galop d’essai…
Une mécanique identique
Hyliko propose aujourd’hui deux modèles conçus sur base Renault Trucks, un tracteur et un porteur respectivement nommés Hy T44 et Hy R26. Un choix qui n’est pas anodin puisque le modèle du constructeur au losange est l’un des plus diffusés en France. Pour une société spécialisée dans le rétrofit, le volume reste essentiel !
Pour simplifier l’ingénierie, mais aussi les phases d’homologation et de mise sur le marché, Hyliko a choisi de baser ses véhicules sur une seule et même architecture. La base diesel a ainsi été remplacée par un nouveau groupe motopropulseur électro-hydrogène animé par un moteur électrique développant 365 kW de puissance nominale et jusqu’à 490 kW en crête, soit près de 700 chevaux. L’alimentation du moteur est assurée par deux piles à combustible. Issues de la Toyota Mirai, celles-ci développent 80 kW chacune, soit 160 kW au total. Industrialisées sur une petite ligne de production à Zaventem, en Belgique, elles sont complétées par deux packs batteries. Cumulant 60 kWh de capacité, ces derniers assurent le surplus de puissance nécessaire à l’alimentation du moteur. L’ensemble est piloté par une boîte de vitesses automatique Alisson à 6 rapports.
Compte tenu des problèmes d’encombrement, l’intégration des réservoirs se passe derrière la cabine. Fournis par Plastic Omnium, désormais OPmobility, ces derniers sont au nombre de 7 et embarquent jusqu’à 40.8 kg d’hydrogène à 350 bars. Avec un plein, l’autonomie est donnée pour 450 km.
Des évolutions déjà programmées
Présentés comme des « V1 », les deux camions Hyliko sont d’ores et déjà appelés à évoluer. En premier au niveau des réservoirs où le fabricant prévoit de passer sur un système 700 bars pour porter l’autonomie à 900 km avec un plein.
La puissance de la pile à hydrogène pourrait également être revue à la hausse. Sur ce point, nous avons interrogé les équipes d’Hyliko sur l’éventualité de l’arrivée chez Toyota d’une pile plus puissante et plus adaptée au monde du véhicule lourd. Si nous n’avons pas obtenu de réponse claire, on lit entre les lignes que des discussions sont en cours.
Premiers tours de piste
Comme les véhicules sont toujours en phase de développement, c’est depuis le siège passager que nous avons pu découvrir les sensations à bord des
camions à hydrogène Hyliko. La conduite est silencieuse, mais aussi plus nerveuse compte tenu du couple immédiat développé par le moteur électrique.
En matière de fonctionnement, pile à combustible et batteries alimentent le moteur de concert. Afin de garantir des performances optimales, les batteries ont un seuil de recharge (SOH) bien défini sur la partie logicielle. Dès lors qu’il est atteint, la pile hydrogène s’anime pour recharger la batterie. Une façon de ne pas brider drastiquement les performances si les batteries sont vides.
