À ce stade, il n’est toutefois pas encore question de déployer ces équipements à grande échelle. L’intitulé officiel du projet évoque une « étude de faisabilité sur un modèle économique de production et d'utilisation d'hydrogène sur site pour les stations de ravitaillement destinées aux véhicules commerciaux dans les zones intérieures ». Aisin précise que les travaux doivent d’abord évaluer la viabilité technique et commerciale du modèle ainsi que la demande, avant toute installation d’équipement ou opération de démonstration.
 

Produire l’hydrogène directement près des stations

L’enjeu concerne principalement les stations destinées aux camions et utilitaires à hydrogène situés loin des « hydrogen hub ports ». Ces infrastructures portuaires sont conçues pour réceptionner, stocker et distribuer de grands volumes d’hydrogène importé. Plus une station s’en éloigne, plus la logistique nécessaire pour lui acheminer son hydrogène devient contraignante.

Le consortium veut donc étudier une autre approche : utiliser de petits électrolyseurs PEM packagés afin de produire l’hydrogène au plus près de son lieu de consommation. L’étude, prévue d’août 2026 à mars 2027, se concentrera dans un premier temps sur Toyota City, dans la préfecture d’Aichi. Les partenaires devront notamment déterminer l’efficacité de ces équipements et leur potentiel de généralisation en fonction de la demande et des conditions d’exploitation locales.

Nouveau venu au sein du consortium, Aisin aura pour mission d’étudier les spécifications techniques des électrolyseurs, leur durabilité et leur capacité à suivre les fluctuations de la demande. L’équipementier travaillera également sur les besoins logistiques et l’optimisation du transport grâce à des systèmes de gestion de flotte.

ENEOS se penchera de son côté sur la réduction des coûts d’approvisionnement en électricité à l’aide d’un système de gestion de l’énergie et sur l’exploitation optimale des électrolyseurs. Le groupe apportera également son expérience dans l’exploitation des stations hydrogène.

Toyota apportera quant à lui son expertise technique sur les stacks d’électrolyseurs. Le constructeur travaille déjà sur cette technologie et a notamment installé un démonstrateur de 5 MW dans son usine de Honsha, justement située à Toyota City.

Konan Kogyo travaillera sur l’exploitation des stations, l’évaluation de la demande liée à la logistique longue distance, urbaine et industrielle ainsi que l’identification de sites susceptibles d’accueillir de futures démonstrations. Hekinan Unso devra notamment évaluer les volumes d’hydrogène nécessaires, les conditions d’utilisation et les enjeux liés au passage aux véhicules à pile à combustible.


Un enjeu clé pour les futurs corridors hydrogène japonais

L’intérêt de cette production locale dépasse le seul cadre de Toyota City. Aisin inscrit explicitement l’étude dans le développement du concept de corridor hydrogène soutenu par le gouvernement japonais et la Japan Hydrogen Association (JH2A). L’objectif est notamment d’améliorer l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement tout en réduisant son empreinte carbone.

Le calendrier montre cependant la prudence des partenaires. Huit mois sont prévus pour cette première phase d’étude, sans engagement à ce stade concernant l’installation des équipements ou le lancement d’une démonstration grandeur nature.