Dans le cadre de son plan de relance économique post-covid, Berlin veut accroître la part de l'hydrogène vert pour, à terme, mettre fin à sa dépendance au charbon. Bien que sept milliards d'euros soient prévus, il n'y a pas d'accord sur la manière dont ils seront dépensés. Si un objectif de couverture de 10 % des besoins en énergie a été fixé, de nombreuses questions restent sur les modalités de production, compte-tenu du mix énergétique allemand très à la traîne au regard des engagements de neutralité carbone.
Alors que l'économie européenne numéro un cherche à devenir neutre en carbone d'ici 2050, le gouvernement de Berlin a déclaré qu'il visait une capacité de production d'hydrogène de 5 gigawatts d'ici 2030 et de 5 gigawatts supplémentaires une décennie plus tard. Dévoilée dans le cadre d'un plan de relance de 130 milliards d'euros destinés à relancer l'économie dans le sillage de la pandémie de coronavirus (dont 7 milliards sur cette action), cette proposition vise à permette que l'hydrogène représente environ 10 % de la capacité énergétique totale du pays.
Si les investissements prévus ont été accueillis favorablement, le secteur de l'énergie et les groupes environnementaux restent interrogatifs quant à la manière exacte dont ils seront dépensés. Comme le souligne Michael Schäfer, conseiller principal du groupe de réflexion
Agora Energiewende, «
il reste beaucoup de questions sans réponse sur la façon dont la production d'hydrogène en Allemagne sera alimentée».
Seul l’hydrogène vert a un bilan carbone satisfaisant
En effet, l'hydrogène reste cher à fabriquer et la majorité de la production actuelle est réalisée par
reformage du gaz naturel, ce qui génère de fortes quantités de dioxyde de carbone. Seul l'hydrogène vert,
extrait de l'eau par électrolyse, présente une réelle alternative environnementale (mais reste néanmoins gourmand en énergie). Or, pour que la génération d'hydrogène extrait de l'eau produise peu de carbone, il faudra une augmentation massive de la production d'énergie éolienne et solaire, et c’est là où le bât blesse chez nos voisins d’Outre-Rhin.