Dans le cadre du nouveau programme, les opérateurs peuvent déposer leurs candidatures depuis ce mardi 26 mai afin d’obtenir un soutien financier pour l’acquisition de nouveaux véhicules ou la conversion de bus déjà en circulation. Les infrastructures associées, qu’il s’agisse de bornes de recharge ou de stations de ravitaillement en hydrogène, sont également concernées par ces aides.

Électrique, hydrogène et rétrofit dans le viseur

Le programme couvre plusieurs technologies considérées comme essentielles à la décarbonation des transports publics. Les bus électriques à batterie restent les principaux bénéficiaires, mais les trolleybus équipés de batteries ainsi que les bus à pile à combustible alimentés à l’hydrogène figurent aussi parmi les technologies éligibles.

Les véhicules électriques intégrant un prolongateur d’autonomie fonctionnant à l’hydrogène peuvent eux aussi prétendre à un financement. Berlin maintient par ailleurs son soutien aux projets de rétrofit.

Pour arbitrer l’allocation des subventions, le ministère explique qu’il prendra notamment en compte le niveau d’avancement de chaque opérateur dans sa transition énergétique, les bénéfices environnementaux attendus et la faisabilité opérationnelle des projets.


Des aides toujours généreuses, mais moins élevées qu’auparavant

Le gouvernement fédéral prévoit de consacrer environ 400 millions d’euros à cette première phase du programme dans le cadre du budget 2026. D’après le ministre des Transports Patrick Schnieder, cette enveloppe doit permettre de financer au moins 1 500 bus supplémentaires dans les prochaines années.

La nouvelle directive introduit deux mécanismes distincts. Le premier reprend la logique des précédents appels à projets afin d’encourager les opérateurs qui débutent leur transition. Le second vise les réseaux déjà fortement engagés dans l’électrification de leur flotte et souhaitant passer à une échelle supérieure.

Les niveaux d’aide évoluent toutefois légèrement à la baisse. La prise en charge des surcoûts liés à l’achat de véhicules propres pourra atteindre jusqu’à 70 % pour les opérateurs les moins avancés, contre 80 % dans le cadre précédent.

Les infrastructures de recharge, de maintenance et de ravitaillement en hydrogène continueront quant à elles d’être soutenues à hauteur de 40 % maximum.

Un marché qui change rapidement de dimension

L’Allemagne figure désormais parmi les marchés européens les plus avancés dans l’adoption des autobus électriques et hydrogène. Depuis le lancement du premier dispositif fédéral, plus de 5 300 véhicules ont obtenu un accord de financement auprès d’environ 330 exploitants de transport. Plus de 2 300 bus soutenus par ces dispositifs circulent déjà sur les réseaux allemands.

Selon un rapport publié par PwC, près d’un autobus urbain neuf sur deux immatriculé en 2025 était déjà un véhicule zéro émission. Au total, le pays comptait 4 752 bus sans émissions en service fin 2025, dont 660 fonctionnant à l'hydrogène.

Les exploitants prévoient désormais l’acquisition d’environ 6 400 véhicules supplémentaires d’ici à 2030, signe que l’électrification du secteur entre progressivement dans une phase d’accélération.