Comment l'Arabie Saoudite compte devenir roi de l'hydrogène vert

Comment l'Arabie Saoudite compte devenir roi de l'hydrogène vert
L'Arabie Saoudite va construire Helios Green, une énorme installation éolienne et solaire de production d’hydrogène vert. Basée à proximité de Néom, future mégalopole (de la taille de la Bretagne) érigée en plein désert, elle alimentera la ville, à compter de 2025, mais doit surtout permettre à l’Arabie Saoudite de se positionner comme acteur majeur de la production mondiale d’hydrogène vert.
 
« Je n'ai jamais vu ou entendu parler d’un projet de cette dimension avant. J'ai passé les deux dernières années à me creuser la tête pour repartir de zéro, et maintenant nous sommes en mode exécution ». Pourtant M. Terium (ancien directeur général de RWE AG, la plus grande entreprise de services publics d'Allemagne, et de la société dérivée d'énergie propre Innogy SE) en a vu d’autres. C’est dire l’ampleur du projet saoudien.
 
Au cœur du désert situé dans la pointe nord-ouest du pays, brûlé par le soleil et balayé par les vents de la Mer Rouge, les émirs vont investir près de 4,2 milliards d’euros pour faire surgir ce qui s’annonce comme la plus grande installation mondiale d’hydrogène vert. Petit à petit inquiété par le nombre de gouvernements et d’industries qui cherchent des alternatives moins polluantes aux hydrocarbures et s’orientent vers les piles à combustible, le plus grand exportateur de brut au monde ne veut pas céder le marché florissant de l'hydrogène à la Chine, à l'Europe ou à l'Australie. Objectif : conserver son capital de rente mais via l’hydrogène vert.
 

De l’hydrogène vert à moins de 1,30 euros du kilogramme

Un marché qui, selon Bloomberg, pourrait représenter jusqu'à 590 milliards de dollars d'ici 2050 et sur lequel l'Arabie Saoudite pourrait posséder un avantage concurrentiel fort. Grâce au soleil et au vent perpétuels des terres saoudiennes, Helios Green devrait produire de l’hydrogène à moins de 1,30 euros par kilogramme ! Ce ne sont pas moins que 4 gigawatts d'énergie solaire et éolienne qui pourraient être fournis par les seuls éléments naturels.
 
En 2025, lors de son démarrage, Helios Green devrait produire quotidiennement 650 tonnes d'hydrogène par jour par électrolyse, l’équivalent de la consommation de 20.000 bus urbains à pile à combustible.
 

Du pétrodollar à l’hydrogène

La tâche de bâtir ce gigantesque équipement dans un désert de la taille de la Belgique incombe à Peter Terium. Sa performance aidera à déterminer si un pays dépendant des pétrodollars peut se transformer avec succès en fournisseur de carburants non polluants.
 
Pour autant, l'usine d'hydrogène produira tout au plus 15.000 barils d'équivalent pétrole par jour, ce qui n'est guère comparable aux 9 millions de barils de brut que le royaume pompe quotidiennement.