L’agence scientifique nationale australienne CSIRO vient de publier un rapport au sein duquel elle insiste pour que le pays investisse dans la recherche et les moyens de produire de l’hydrogène, en particulier pour l’exporter et ainsi rééquilibrer la balance du commerce international. Elle dégage 5 domaines à privilégier.
Superpuissance
« L’Australie peut devenir une superpuissance des énergies renouvelables grâce à la production et à l’exportation d’hydrogène », affirment les auteurs du rapport de 88 pages intitulé « Hydrogen Research, Development and Demonstration : Priorities and opportunities for Australia » (
Recherche, développement et démonstration sur l’hydrogène : priorités et opportunités pour l’Australie. Pour la CSIRO, mettre le paquet sur la recherche H2 est essentiel. Elle milite pour l’inclusion du pays au sein de projets internationaux en partenariat avec des entreprises à la pointe dans la filière, comme « Toyota, Hyundai et Fortescue ».
Ammoniac
Dans son plaidoyer, l’agence australienne n’oublie pas de mettre en avant les découvertes majeures réalisées sur le territoire. Ainsi « la conversion en continu entre l’hydrogène gazeux et l’ammoniac liquide à l’aide de notre craqueur d’hydrogène breveté ». Cette opération facilite le stockage du produit, mais aussi son transport par le biais des infrastructures classiques et déjà existantes dédiées aux combustibles liquides. La plateforme scientifique de l’organisme centenaire a permis aussi d’avancer sur la réduction des risques liés aux nouvelles technologies de l’hydrogène, et sur les futurs systèmes d’énergie l’employant. Désormais la CSIRO souhaite greffer ses travaux à des projets internationaux qui rassemblent l’industrie, les gouvernements et d’autres entités autour de l’émergence de chaînes de valeur H2.
Les 5 domaines
Le rapport prolonge la feuille de route nationale publiée également par l’agence, en 2018. Le nouveau document va plus loin en examinant plus en détail les possibilités en recherche, développement et démonstration autour de l’hydrogène en Australie. Les 5 domaines sur lesquels la CISRO cherche à mobiliser les dirigeants australiens sont l’intégration de l’hydrogène dans les réseaux de gaz, les transports, les systèmes électriques, et les processus industriels, ainsi que son exportation. Pour chacun d’eux, elle met en avant 3 challenges à relever à court ou moyen terme pour parvenir à leur pleine maturité. Ceci afin de créer un décisif effet de levier sur la filière.
1. Les transports
Concernant l’utilisation de l’hydrogène comme énergie d’alimentation des véhicules, l’agence plaide pour une priorité accordée aux transports lourds et à longue distance, la planification d’un maillage stratégique en infrastructures rentables d’avitaillement, et l’élaboration de document d’information autour de la sécurité et des bénéfices sur l’environnement de l’usage de ce produit.
2. Les systèmes électriques
Au sujet des systèmes électriques, la CISRO milite pour des actions visant à faire comprendre et gérer l’intégration au réseau des technologies de l’hydrogène, à associer aux systèmes distribués des solutions de production et de stockage de ce produit, et à mettre en place des dispositifs H2 permettant d’intervenir efficacement dans les variations inter-saisonnières de l’offre et de la demande en électricité.
3. L'industrie
L’agence a identifié pour l’industrie ces 3 action à privilégier : développer des possibilités d’adaptation des processus industriels actuels à l’emploi de l’hydrogène et de ses dérivés, basculer en H2 propre les chaînes déjà alimentées avec ce gaz, et établir de nouvelles opportunités de marché pour ce produit à zéro ou faible émission.