PDG d’Hopium, Stéphane Rabatel a pris la parole lors d’un webinaire pour détailler le plan de redressement de l’entreprise, à quelques semaines d’une audience cruciale prévue au tribunal de commerce de Paris.
Liquidation ou poursuite d’activité ? Alors que le tribunal de commerce de Paris rendra sa décision le 27 février prochain après de multiples reports, Hopium reste confiant en l’avenir. Lors d’un webinaire organisé le 22 janvier dernier, le PDG de l’entreprise, Stéphane Rabatel, a détaillé les grandes lignes d’un plan de redressement présenté le 13 décembre dernier. « Ce webinaire est un peu particulier. Nous avons proposé au tribunal notre plan de continuation, et c’est le sujet majeur de cette intervention » a-t-il introduit.
Une révision nécessaire du mode de financement
Depuis l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire, Hopium fait face à des enjeux complexes liés à sa dette, qui s’élève à environ 35 millions d’euros. Le plan initialement proposé prévoyait un remboursement de 9 millions d’euros sur une période de 6 à 9 ans, répartis entre créanciers publics et privés. Cependant, ce plan reposait sur une augmentation de capital à hauteur de 8 millions d’euros, un mécanisme qui a finalement rencontré plusieurs obstacles, notamment en matière de garanties et de souscriptions. « Nous avons obtenu 2,2 millions d’euros de garanties fermes, mais il manquait un troisième investisseur pour atteindre le seuil nécessaire de 6 millions d’euros » a reconnu Stephane Rabatel.
Face à ces défis, Hopium a opté pour une solution alternative, abandonnant l’idée d’une augmentation de capital. À la place, un financement via le fonds Atlas Special Opportunities, partenaire historique de l’entreprise, a été validé. Celui-ci sera réparti en cinq versements trimestriels de 2,5 millions d’euros à partir de mars 2025 a été proposé, garantissant une sécurisation financière avant l’audience prévue le 27 février.
Une stratégie tournée vers les marchés de niche
En parallèle de ces ajustements financiers, Hopium a redéfini son modèle commercial. « Nous avons fait notre deuil du projet de constructeur automobile de luxe (la Hopium Machina ndlr) », a réaffirmé Stéphane Rabatel. En lieu et place, l’entreprise se concentre désormais sur la décarbonation des transports lourds, avec pour objectif de devenir un acteur clé du secteur d’ici 2028-2030.
« Notre pile à hydrogène est 30 % plus compacte et 20 % plus légère que les autres solutions du marché. C’est devenu notre marque de fabrique », souligne le patron d’Hopium. Des caractéristiques qui, associées à un coût annoncé à moins de 200 €/kW, ont permis de susciter l’intérêt de nombreux clients potentiels. « Nous avons aujourd’hui en cours trois demandes de devis pour des projets dans l’aéronautique et un projet de bus à hydrogène », a précisé Stéphane Rabatel, ajoutant que l’entreprise discutait avec une trentaine de prospects.
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