L'enjeu dépasse ces deux sites. La France revendique le premier portefeuille européen de projets e-SAF et le deuxième mondial derrière la Chine, avec douze projets susceptibles d'entrer en service entre 2030 et 2035. Ensemble, ils représentent plus de 800 000 tonnes de capacité annuelle, plus de 14 milliards d'euros d'investissements potentiels, 3,4 GW d'électrolyse, soit 40 % de l'objectif de la stratégie nationale hydrogène à 2035, et plus de 3 600 emplois pérennes.

Deuxième mesure, l'incitation à la réduction de l'intensité carbone des carburants, ou IRICC. Appelé à succéder à l'actuelle Tiruert, le mécanisme constitue la transposition française de la directive RED III. Il doit sécuriser une demande d'hydrogène renouvelable et bas carbone dans le raffinage, les carburants maritimes de synthèse et la mobilité routière. France Hydrogène l'estime susceptible de déclencher environ 2 milliards d'euros d'investissements privés. 

Le budget confirme enfin l'enveloppe de 1,2 milliard d'euros destinée à la deuxième tranche du mécanisme de soutien à la production d'hydrogène décarboné, lancée en septembre, qui cible la sidérurgie, les engrais et la chimie.

« La filière hydrogène française est à un moment charnière, en devant impérativement reprendre de grandes décisions finales d'investissement en 2027 », souligne Nicolas Brahy, président de France Hydrogène, qui conditionne la concrétisation de ce potentiel au vote de ces trois mesures.