Parmi les entreprises qui s’activent à développer des infrastructures pour une adoption rapide de l’hydrogène vert, GenH2 se démarque en imaginant des solutions originales, pas forcément axées sur les gros volumes. Ainsi cette station mobile dont on découvre tout le potentiel pour assister la recherche comme les secours dans des zones difficiles.
A l’heure où de grandes sociétés internationales rivalisent pour fournir des systèmes capables de produire et stocker des quantités très importantes d’hydrogène, cette remorque baptisée « LS20 » que vient de lancer une société basée à Titusville, en Floride, ressemblerait presque à un gadget sans grand intérêt. Ce serait une grande erreur de la considérer ainsi.
D’abord parce qu’elle sera d’une grande utilité pour tous ces chercheurs qui travaillent sur des projets de très grandes dimensions, en fournissant quand il le faudra et où il le faudra les quantités d’
hydrogène liquide nécessaires pour développer et expérimenter de nouvelles solutions. Mais aussi pour tester des matériaux, leur capacité d’isolation et leurs propriétés thermodynamiques.
Cette station mobile pourra donc servir autant de laboratoire que structure pour disposer quotidiennement de 2 à 20 kg d’hydrogène liquide, éventuellement en se créant une réserve de 400 litres stockés dans des réservoirs que GenH2 garantit sans évaporation.
Un système quasiment tout-en-un
La remorque conçue par GenH2 ne produit pas d’hydrogène. Elle vient donc, par exemple, en sortie d’un électrolyseur, d’un générateur portable, d’une unité de stockage, ou d’une alimentation de source industrielle. Une fois raccordée, elle permet de liquéfier l’hydrogène gazeux, et de le stocker dans ses réservoirs amovibles ultralégers pour faciliter au besoin et de façon séparée le transport du fluide.
Elle sert également à distribuer le produit sur place. Elle est le fruit d’anciens chercheurs et développeurs de la Nasa qui s’appuient sur leurs dizaines d’années d’expérience à concevoir des solutions pour exploiter l’hydrogène afin de propulser divers engins. Bien sûr, la station mobile LS20 ne sera pas suffisante pour alimenter quotidiennement et de façon habituelle une flotte de poids lourds fonctionnant à l’hydrogène liquide. Une voie à prendre au sérieux toutefois, puisque Mercedes la privilégie désormais pour ses camions à pile à combustible. En revanche, cette remorque serait très utile dans les ateliers qui effectuent des opérations de maintenance sur ces véhicules, et au besoin pour dépanner sur la route en cas de panne sèche.
Essaims de drones
Nombre de sociétés qui évoluent dans les nouvelles technologies imaginent l’usage de drones fonctionnant à l’hydrogène liquide pour ravitailler en vivres ou porter secours dans des zones d’accès difficile. Par rapport aux modèles électriques à batterie, ces appareils sont perçus comme plus silencieux, endurant et capables d’effectuer des vols plus longs sans ravitaillement en énergie.
C’est en tout cas l’avis d’un consortium formé en France par Delair, Hycco, Pragma Industries et l’institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (Isae-Supaéro). Une base reculée de lancement sera d’autant plus autonome et efficace avec un moyen mobile pour obtenir de l’hydrogène liquide. En s’intéressant à ces petits appareils, il s’agit aussi d’ouvrir une piste au décollage des avions à hydrogène.