Le Royaume-Uni s'intéresse à l'hydrogène nucléaire

Le Royaume-Uni s'intéresse à l'hydrogène nucléaire
Le National Nuclear Laboratory (NNL) et DNV (bureau d’étude spécialisé, entre autres, dans les nouvelles énergies) se sont associés pour étudier les débouchés qu’offre l’énergie nucléaire dans la production à grande échelle d’hydrogène au Royaume-Uni. Objectif : montrer que l’hydrogène nucléaire, ou hydrogène rose, offre des perspectives de production beaucoup plus importantes que les canaux traditionnels et permettrait de construire un réseau de gaz hydrogène exploitable pour le chauffage urbain et industriel.
 
« Nos prévisions indiquent qu'un tiers de la demande mondiale d'hydrogène et de carburants de synthèse d'ici à 2050 sera utilisé pour le chauffage industriel.  Nous devrons envisager de multiples voies pour parvenir à l'économie de l'hydrogène, le nucléaire étant l'une de ces voies ».  Pour Hari Vamadevan, directeur régional, Royaume-Uni et Irlande chez DNV, le développement à grande échelle de la production d’hydrogène passe nécessairement par la filière nucléaire car, ajoute-t-il, « la voie vers la limitation du réchauffement à 1,5 degré nécessite la création d'une économie robuste de l'hydrogène ».
 
Effectivement, la demande en hydrogène, au Royaume-Uni, en 2050 est évaluée à 13 % de du mix énergétique britannique et s’avère particulièrement soutenue par des secteurs où la décarbonation par la seule électrification est particulièrement difficile. C’est notamment le cas pour le chauffage industriel, alors que le gouvernement a pris des engagements dont les premiers effets doivent être mesurés d'ici à 2026. L’idée : exploiter des réseaux de gaz pour distribuer de l’hydrogène à destination d’installations très émettrices de CO2.
 
C’est dans ce cadre qu’un projet pilote sera mené au Campus d'innovation et de compétences nucléaires avancées (ANSIC), situé au laboratoire Preston du NNL sur le site nucléaire de Springfield. Trois ateliers y seront organisés pour explorer diverses pistes entre novembre 2021 et mars 2022.
 
Une coopération évidente, le Dr Paul Howarth, directeur général du National Nuclear Laboratory, se situant dans la même dynamique son interlocuteur chez DNV en affirmant que « l’innovation, nos compétences spécialisées et notre expertise sont fondamentales pour maximiser le potentiel des technologies nucléaires avancées en faveur de la décarbonation. Elles constituent un élément clé du programme pilote ANSIC. Le nucléaire offre la possibilité de produire de l'hydrogène à grande échelle et à faible coût, sans aucune émission et pourrait être une source d'énergie idéale pour favoriser la transition de nos réseaux de gaz vers le zéro carbone ».