« S'il n'y a pas de clients, pourquoi construire des stations ? » Les propos cash du patron de TotalEnergies sur l'hydrogène

« S'il n'y a pas de clients, pourquoi construire des stations ? » Les propos cash du patron de TotalEnergies sur l'hydrogène
Patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné a remis en cause l’avenir de la filière hydrogène à l’heure où les ventes peinent toujours à décoller.

Habitué aux formules chocs, Patrick Pouyanné en remet une couche. Engagé avec Air Liquide dans TEAL Mobility, une joint-venture dédiée aux infrastructures de ravitaillement pour les poids lourds, le patron de TotalEnergies a de nouveau dénoncé le manque de maturité de la filière.

Une offre sans demande

Pour le PDG de TotalEnergies, le coût reste l’obstacle principal au développement de la filière. Alors que la production d’hydrogène vert par électrolyse demeure bien plus chère que les procédés traditionnels, le prix des véhicules est aussi pointé du doigt. « Un camion à hydrogène coûte deux fois plus cher qu’un camion électrique », a-t-il rappelé, citant l’exemple de Daimler Truck, qui n’aurait vendu que trois camions à hydrogène en 2024.

« S’il n’y a pas de clients, pourquoi construire ces stations ? », a-t-il déclaré le 4 novembre dernier, en marge d’une présentation sur les scénarios énergétiques à horizon 2050. Selon nos confrères de La Tribune, dirigeant reconnaît désormais un « vrai point d’interrogation » sur l’intérêt de poursuivre dans cette voie.

En matière d’investissement, le groupe semble écarter le déploiement d’infrastructures parallèles, entre électrique et hydrogène. « Financer deux infrastructures, à un moment donné, on n’y arrive pas », a résumé Patrick Pouyanné. Selon lui, croire que « l’offre créera la demande » est une erreur stratégique.

Ce n’est pas la première fois que le dirigeant critique la filière. En 2024, il avait déjà qualifié l’hydrogène dans la mobilité de technologie « embryonnaire », exprimant des doutes sur sa maturité et sa rentabilité.

Les objectifs de TEAL Mobility remis en cause ?

TotalEnergies ne tourne pas complètement le dos à l’hydrogène. Dans l'industrie, l'entreprise continue de l’utiliser pour décarboner ses raffineries.

Côté mobilité, ces nouvelles déclarations vont sans doute faire grincer des dents au sein de TEAL Mobility. Engagée à déployer 100 stations hydrogène en Europe d’ici à la fin de la décennie, la joint-venture n’a pas communiqué sur de nouveaux objectifs. Même si le développement de cette filière hydrogène s'inscrit sur un "temps long", on s’attend toutefois à ce que TotalEnergies réduise ses budgets si le marché n’est pas au rendez-vous. Une situation déjà rencontrée sur les stations GNV, où les objectifs en France ont été réduits de moitié.