Conséquence : la demande issue du transport et de la logistique n’a pas progressé au rythme espéré. Dans ces conditions, AGROLA et les coopératives concernées estiment qu’il n’est plus possible d’assurer la rentabilité des trois stations sur le long terme.

Les sites de Zofingue, Rothenburg et Schötz cesseront donc de distribuer de l’hydrogène à la fin du mois de décembre. Les clients seront informés en amont. 


La Suisse avait pourtant fait figure de pionnière

Ce recul tranche avec les ambitions affichées au lancement de la filière. Dès octobre 2020, Hyundai livrait en Suisse ses premiers XCIENT Fuel Cell, proposés via une formule locative sans apport initial pilotée par Hyundai Hydrogen Mobility.

Migros comptait alors parmi les premiers utilisateurs. L’hydrogène était produit par Hydrospider, coentreprise réunissant Alpiq, H2 Energy et Linde, à partir d’électricité hydroélectrique.

Les objectifs annoncés à l’époque donnent aujourd’hui la mesure du décalage entre les ambitions initiales et la réalité du marché. Hyundai visait 1 600 camions à hydrogène en circulation en Suisse d’ici 2025, tandis que les entreprises réunies au sein de H2 Mobilité Suisse envisageaient déjà 150 unités supplémentaires dès 2021. Six ans plus tard, la flotte helvétique tournait autour d’une cinquantaine de camions.
 
Un coup d’arrêt, mais pas un abandon de l’hydrogène
AGROLA continue néanmoins de considérer l’hydrogène comme une technologie susceptible de jouer un rôle dans la décarbonation de la mobilité et de l’approvisionnement énergétique. L’entreprise et ses partenaires indiquent vouloir conserver une approche neutre sur le plan technologique, tout en étudiant d’autres solutions capables de réduire les émissions.