Energie
En Bretagne, le projet Armor Hydrogène tombe à l'eau
En raison des nombreuses incertitudes qui pèsent actuellement sur la filière H2, Valorem préfère désormais privilégier l’hydrogène vert pour décarboner l’industrie mais plus la mobilité. Au centre du puzzle d’Armor Hydrogène, cet opérateur pionnier en énergies renouvelables précipite ainsi vers la fin le programme local devenu régional. Les autres membres du consortium ne pouvaient s’imaginer poursuivre la feuille de route sans lui.
Lorsque nous avions donné il y a tout juste 5 ans la parole à Jean-Marc Labbé et Stéphane Loisnel, respectivement vice-président et chargé de projet pour l’agglomération de Saint-Brieuc, le projet H2Vert commençait à rassembler les différents acteurs qui se sont ensuite réunis au sein du consortium Armor Hydrogène. Sous les encouragements de la CCI des Côtes-d’Armor et du cluster qu’elle a ensuite créé, il était question de convertir à l’hydrogène des autobus et bennes à ordures ménagères, mais aussi des véhicules de logistique et de manutention portuaire, ainsi que des bateaux de transport de voyageurs et de pêche.
Nous avions d’ailleurs pu assister l’année dernière à du très concret dans le domaine avec une démonstration de rétrofit H2 sur une barge mytilicole à moteur thermique. Nous étions également présents à la première édition du BrittanHy Day qui témoignait de la richesse du projet déjà bien engagé. Bref, il y a encore quelques mois, rien ne laissait trop présager d’un arrêt aussi brutal dans ce programme soutenu par l’Ademe et qui avait aussi réussi à embarquer l’agglo de Saint-Malo. Avec tout de même plusieurs années de retard, il était encore question d’ouvrir à horizon 2028 dans la zone des Châtelets à Ploufragan une usine d’hydrogène vert produit par électrolyse avec une électricité d'origine éolienne pour 70 % et solaire pour le reste.
Devant le retard pris par Armor Hydrogène notamment pour profiter de subventions, le nouveau tracé à haut niveau de service dans l’agglomération de Saint-Brieuc a été inauguré avec des bus fonctionnant finalement au bioGNV. Le désalignement des planètes dans un contexte où la mobilité H2 enregistre actuellement une succession de reculs illustre les craintes des principaux membres du consortium. Pour un budget total estimé à 35 millions d’euros devant servir à couvrir la construction de l’usine de production d’hydrogène et de celle de distribution, l’achat de 12 autobus, et 2 bennes à ordures ménagères et des barges mytilicoles, l’Ademe et la région Bretagne avaient respectivement accordé des enveloppes de 7,45 et 1,90 millions d’euros.
Dans une interview accordée à Ouest-France et publiée le 5 novembre 2025, Jean-Marc Labbé a assuré que cet argent n’a pas été et ne sera pas dépensé. C’est surtout beaucoup de temps de perdu pour tous les acteurs engagés qui ont vraiment donné le maximum d’eux-mêmes afin de porter et faire avancer le programme.
Lorsque nous avions donné il y a tout juste 5 ans la parole à Jean-Marc Labbé et Stéphane Loisnel, respectivement vice-président et chargé de projet pour l’agglomération de Saint-Brieuc, le projet H2Vert commençait à rassembler les différents acteurs qui se sont ensuite réunis au sein du consortium Armor Hydrogène. Sous les encouragements de la CCI des Côtes-d’Armor et du cluster qu’elle a ensuite créé, il était question de convertir à l’hydrogène des autobus et bennes à ordures ménagères, mais aussi des véhicules de logistique et de manutention portuaire, ainsi que des bateaux de transport de voyageurs et de pêche.
Nous avions d’ailleurs pu assister l’année dernière à du très concret dans le domaine avec une démonstration de rétrofit H2 sur une barge mytilicole à moteur thermique. Nous étions également présents à la première édition du BrittanHy Day qui témoignait de la richesse du projet déjà bien engagé. Bref, il y a encore quelques mois, rien ne laissait trop présager d’un arrêt aussi brutal dans ce programme soutenu par l’Ademe et qui avait aussi réussi à embarquer l’agglo de Saint-Malo. Avec tout de même plusieurs années de retard, il était encore question d’ouvrir à horizon 2028 dans la zone des Châtelets à Ploufragan une usine d’hydrogène vert produit par électrolyse avec une électricité d'origine éolienne pour 70 % et solaire pour le reste.
Subventions non dépensées
Les pièces du puzzle avaient tout de même commencé à se déformer. La réussite du programme s’appuyait en particulier sur la fourniture à un tarif concurrentiel de l’hydrogène vert. Valorem s’était engagé à le faire à un prix fixe pendant 15 ans. Devaient particulièrement en profiter les autobus de la nouvelle ligne TEO.Devant le retard pris par Armor Hydrogène notamment pour profiter de subventions, le nouveau tracé à haut niveau de service dans l’agglomération de Saint-Brieuc a été inauguré avec des bus fonctionnant finalement au bioGNV. Le désalignement des planètes dans un contexte où la mobilité H2 enregistre actuellement une succession de reculs illustre les craintes des principaux membres du consortium. Pour un budget total estimé à 35 millions d’euros devant servir à couvrir la construction de l’usine de production d’hydrogène et de celle de distribution, l’achat de 12 autobus, et 2 bennes à ordures ménagères et des barges mytilicoles, l’Ademe et la région Bretagne avaient respectivement accordé des enveloppes de 7,45 et 1,90 millions d’euros.
Dans une interview accordée à Ouest-France et publiée le 5 novembre 2025, Jean-Marc Labbé a assuré que cet argent n’a pas été et ne sera pas dépensé. C’est surtout beaucoup de temps de perdu pour tous les acteurs engagés qui ont vraiment donné le maximum d’eux-mêmes afin de porter et faire avancer le programme.

