Présenté comme un levier essentiel pour la transition énergétique, l’hydrogène vert restera bien plus coûteux que prévu pendant les décennies à venir rapporte une nouvelle étude publiée par BloombergNEF (BNEF).
Un dur retour à la réalité. Alors que l’hydrogène vert attire de nombreuses entreprises et responsables politiques, un nouveau rapport publié par
BloombergNEF jette un pavé dans la mare. S’il misait il y a encore quelques années sur une baisse rapide du prix de l’hydrogène, le cabinet a revu ses prévisions à la baisse.
Evoquant des coûts plus élevés que prévu, notamment au niveau des électrolyseurs, BNEF estime désormais que le prix de l’hydrogène vert passera d'une fourchette actuelle de 3,74 à 11,70 $/kg à 1,60 à 5,09 $/kg en 2050. À titre de comparaison, l’hydrogène « gris », produit à partir de gaz naturel, coûte aujourd’hui entre 1,11 et 2,35 dollars par kilogramme.
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Sans subventions ni incitations, les coûts élevés de production de l’hydrogène vert compliquent la décarbonation de secteurs tels que la chimie et le raffinage » avertit l’un des auteurs du rapport.
La Chine et l’Inde à l’avant-garde
Deux marchés font figure d’exceptions : la Chine et l’Inde. Selon BNEF, ces deux pays atteindront la parité entre hydrogène vert et gris d’ici 2040.
A l’inverse, le rapport juge « hors de portée » l’objectif de l’administration Biden de réduire le prix de l’hydrogène vert à 1 $/kg d’ici 2031. Si le Texas pourrait être amené à produire l’hydrogène vert le moins cher aux Etats-Unis, la réduction resterait très progressive avec un prix passant de 7,22 dollars aujourd’hui à 4,82 dollars en 2030. En Europe, l’Espagne atteindrait des niveaux similaires.
Source : BloombergNEF