Une annonce qui intervient alors que les ventes chinoises de camions à pile à combustible ont chuté de plus de moitié au premier semestre 2026 après l'expiration de plusieurs dispositifs de soutien nationaux. Ce sont désormais les métropoles qui prennent le relais, chacune avec ses propres mécanismes.

Péages gratuits et aides à l'acquisition : Canton attaque sur plusieurs fronts simultanément

Le premier volet porte sur la circulation. Les véhicules à pile à combustible et les tube-trailer transportant de l'hydrogène immatriculés pour la première fois à Canton bénéficieront d'une exonération totale de péage sur le réseau autoroutier municipal. L'enveloppe totale consacrée à cette mesure est plafonnée à 150 millions de yuans, environ 18 millions d'euros, sur la durée de validité du dispositif.

Les entreprises acquérant de nouvelles remorques seront également accompagnées. Elles recevront une prime de 400 000 yuans par unité pour les modèles à 30 MPa et plus, soit environ 49 000 euros, et de 600 000 yuans, environ 73 000 euros, pour ceux à 50 MPa et plus. Un coup de pouce d'autant plus intéressant qu'il cible un maillon rarement subventionné en Europe : le transport de l'hydrogène entre les sites de production et les stations, une logistique qui, à défaut de réseaux hydrogène, pèse lourd dans le coût final à la pompe.

Le projet consacre aussi un volet au fluvial, secteur dans lequel Canton, située sur le delta de la rivière des Perles, dispose d'un trafic dense. Les navires de charge équipés de systèmes à pile à combustible fabriqués localement recevront de 2 à 5 millions de yuans par unité, soit 245 000 à 610 000 euros selon le port en lourd, de 2 000 à plus de 5 000 tonnes.

Les autres navires à hydrogène de plus de 20 mètres percevront 500 000 yuans, environ 61 000 euros. Les poids lourds bénéficieront par ailleurs d'un abondement municipal de 100 000 yuans, environ 12 000 euros, par crédit obtenu au titre du dispositif national.

Un hydrogène à moins de 2,70 euros le kilo

Le projet fixe en effet un plafond de moins de 26 yuans le kilogramme d’ici fin 2026, soit environ 3,40 euros. Et ce n’est qu’une première étape. À l’horizon 2030, l’objectif descend sous les 22 yuans, soit environ 2,88 euros le kilogramme. Pour pousser les stations à jouer le jeu, Canton compte directement subventionner chaque kilo vendu. Les exploitants respectant les prix fixés pourront toucher une aide de 3 à 5 yuans par kilogramme, avec un plafond de 1,5 million de yuans par station et par an.

Et Canton ne compte pas attendre des années pour construire des stations. Sur ce point aussi, la ville chinoise semble vouloir lever l’un des principaux freins au développement de l’hydrogène. Le projet prévoit ainsi d’autoriser certaines stations combinant production et distribution d’hydrogène en dehors des parcs chimiques habituellement désignés. Une petite révolution réglementaire, même si elle sera encadrée : ces installations devront rester sous une capacité quotidienne de production et de stockage de 3 000 kilogrammes.

Les stations existantes ne sont pas oubliées. Celles fonctionnant encore à 20 MPa pourront recevoir 400 000 yuans d’aide, soit environ 49 000 euros, pour passer au niveau supérieur.