La preuve par 8 que la mobilité hydrogène se développe en Vendée

La preuve par 8 que la mobilité hydrogène se développe en Vendée
Avec l'ouverture de la station multi-énergies vertes à La Roche-sur-Yon, l'hydrogène décarboné est désormais un carburant un autre comme sur le territoire vendéen. En témoignaient les 8 véhicules vus à la 9e édition du Vendée énergie Tour.
 
Encore en ligne à la date à laquelle nous écrivons le présent article, la liste des engagés au Vendée énergie Tour ne laisse pas deviner que 8 véhicules fonctionnant à l'hydrogène étaient présents les jours de l'inauguration de l'événement et celui du traditionnel rallye à la découverte des richesses décarbonées du territoire.
 
Ne sont indiqués officiellement que 2 Toyota Mirai et 1 Hyundai Nexo. Sur le terrain, il y avait effectivement bien 1 exemplaire de la sauvegarde H2 inscrit par le groupe Océane Automobiles qui distribue en particulier la marque. Plus 4 Toyota Mirai. Dont celle d'Alain Leboeuf, président du conseil départemental de Vendée, et particulièrement impliqué dans le développement de l'hydrogène vert en France. Présente à l'inauguration, sa voiture n'a cependant pas participé au rallye, contrairement aux 3 autres représentants le groupe Brétéché, Innov Concept Car / Groupe Mousset, et celle à notre disposition prêtée par le groupe RCM.
 
La liste était complétée par 3 Renault Kangoo à pile hydrogène respectivement floqués aux couleurs de Luzo, Impulsyon et Véolia Vendée.


 

Des concessions prêtes à vendre des voitures hydrogène

Inutile d'aller pousser la porte d'une concession pour acheter une voiture à hydrogène s'il n'y a pas de station d'avitaillement près de chez vous. «  Nous sommes désormais autorisés à vendre des Nexo parce qu'il existe un écosystème de l'hydrogène sur le territoire. Auparavant, nous ne le pouvions pas  », nous a expliqué Alexandre Peslerbe. Il est conseiller des entreprises commerciales pour le groupe Océane Automobiles qui distribue la marque Hyundai dans les départements de la Vendée et du Maine-et-Loire.
 
Même politique chez Toyota. «  Nous sommes tributaires d'un réseau d'avitaillement. Nous attendions avec impatience l'ouverture de la gare de La Roche-sur-Yon. A partir de là, nous avons pu réserver 10 Mirai, », a abondé Pascal-Eric Montazel, directeur de la marque Toyota pour le groupe RCM.


 

Un électrolyseur et une station

Il existe désormais un véritable écosystème de l'hydrogène vert en Vendée, soutenu par des élus, le SyDEV - syndicat départemental de l'énergie-, ses sociétés d'économie mixte, des constructeurs et des entrepreneurs.
 
La pièce maîtresse, c'est l'électrolyseur Lhyfe que nous avons visité l'année dernière. Installé à Bouin, au nord du territoire, il exploite l'eau de la mer pour produire de l'hydrogène après désalinisation. L'électricité provient des éoliennes qui sont sorties d'une obligation d'achat avec EDF.
 
Ce scénario a été rendu possible grâce à une rencontre fondatrice entre Alain Leboeuf et Matthieu Guesné à l'origine de Lhyfe. Le calendrier a été favorable au développement de l'hydrogène en Vendée. A l'inauguration de l'station multi-énergies vertes de La Roche-sur-Yon. L'établissement, qui délivre aussi du bioGNV et de l'électricité, reçoit son hydrogène vert sous forme de conteneurs échangés lorsque les bouteilles qu'ils contiennent sont vidées. Un site similaire, distribuant les 3 énergies, sera ouvert prochainement aux Sables-d'Olonne.




 

Un nouveau bus et un premier camion rétrofité

 Un électrolyseur fournissant de l'hydrogène vert dans des stations d'avitaillement : les conditions sont réunies pour que la préfecture incrémente en Vendée le compteur des nouvelles immatriculations de véhicules fonctionnant avec cette énergie.
 
Président du SyDEV, Laurent Favreau annonce l'arrivée prochaine sur le territoire d'un deuxième autobus H2. Co-marqué Toyota et CaetanoBus, le premier exemplaire est arrivé en décembre dernier dans le réseau Impulsyon qui organise les transports en commun.
 
Ce mois de septembre 2022 devrait également voir aboutir un autre projet cher aux élus vendéens. Il s'agit du rétrofit à hydrogène d'un camion qui servira aux services d'entretien à La Roche-sur-Yon. Anciennement animé par un bloc diesel, le véhicule a été transformé par e-Néo.
 
« Ce mardi 20 septembre, ce camion sera reçu à Paris pour obtenir son homologation. Ce sera le premier camion rétrofité à l'hydrogène à passer cette étape en France. J'espère le voir inscrit l'année prochaine pour le dixième Vendée énergie Tour  », a souligné Alain Leboeuf lors du lancement de la neuvième édition, jeudi 15 septembre dernier. Il a également été attribué que l'entreprise de Jérémy Cantin s'installera bientôt tout à côté de la station multi-énergies vertes, au cœur de l'ancien site Michelin.


 

Des véhicules à hydrogène pour le départ du Vendée Globe

Ce n'est plus un secret : une flotte colossale de véhicules à hydrogène devrait être mise en service pour les Jeux olympiques qui se dérouleront à Paris en 2024. Il y aura une suite, a priori, puisque Toyota devrait ensuite mobiliser une partie de ce parc à l'occasion du départ du Vendée Globe programmé quelques mois plus tard, en novembre de la même année.
 
«  Nous avons été les premiers à oser déposer 2 millions d'euros pour l'hydrogène, afin de soutenir le développement de l'hygiène. Même Toyota France n'en revient pas de ce que nous avons osé faire. Son président a promis d'imaginer quelque chose avec nous pour le Vendée Globe parce que nous sommes les seuls à produire de l'hydrogène vert pour la mobilité », rapporté par Alain Leboeuf. « Toyota aimerait bien que ce soit prochainement possible aussi pour les Taxis Hype à Paris », at-il ajouté.
 
Laurent Favreau, lui, a prévu de livrer lui-même au Prince Albert II de Monaco de l'hydrogène vert. « Ce sera dans un mois, à l'occasion du E-Rallye de Monte-Carlo. Je vais lui montrer qu'il y a bien de l'hydrogène vert produit en France. Nous voulons travailler avec les autorités monégasques pour fournir au Rocher une partie de notre production », at-il révélé.
 

En place

Aujourd'hui, les produits en très petites séries, les voitures et utilitaires légers fonctionnant à l'hydrogène paraissent financièrement inaccessibles.
 
« A 71 500 euros pour la finition Lounge et 78 500 euros avec l'Executive, la Toyota Mirai, sur châssis Lexus, est au même niveau de prix que les modèles premium diesel qu'elle concurrence chez Audi, Mercedes et BMW », a modéré Pascal-Eric Montazel ​​​​​​lors de notre entretien exclusif avec lui au siège de RCM.
 
Pour davantage de souplesse, des entreprises par des sociétés passent de localisation afin de s'équiper. Ce qui semble le cas pour le spécialiste en logistique urbaine zéro carbone Luzo dont le Renault Kangoo H2 fait aussi la promotion du loueur Somelac. C'est aussi le scénario qu'a choisi le groupe Mousset pour la Toyota Mirai floquée de sa marque JeTransporte, via Innov Concept Car. Respectivement gérante et gestionnaire de parc pour cette société de location, Louise Leblanc et Anaïs Caillet formaient l'équipe numéro 33 lors du rallye du Vendée énergie Tour (photo ci-dessous).


 

Une voiture hydrogène à découvrir

L'éco-conduite avec la Toyota Mirai, les 2 responsables d'Innov Concept Car connaissaient parfaitement : 540 grammes d'hydrogène au 100 km sur départementales vendéennes, quand nous-mêmes étions déjà satisfaits de nos 740 grammes, proches de ce que les les chauffeurs d'Alain Leboeuf obtiennent.
 
«  Nous avons bénéficié d'une demi-journée de formation de la part de Toyota pour bien conduire la Mirai  », nous ont-elles précisé. «  Nous avons acquis cette voiture dans le cadre d'un partenariat avec le groupe Mousset. A Sainte-Florence, le siège du transporteur emploie une centaine de personnes. Cette Toyota Mirai est mise à leur disposition, ce qui leur permet de découvrir la mobilité hydrogène  », ont-elles indiqué.
 
Rendez-vous en 2023, pour constater si l'édition 2023 du Vendée énergie Tour rassemblera encore mieux de véhicules fonctionnant avec la molécule H2. Franchement, déjà 8 exemplaires en 2022 dans un rallye rassemblant 50 voitures alimentées aussi à l'électricité et au bioGNV, c'est tout à fait exceptionnel en France. Chapeau aux organisateurs vendéens, et chapeau à Jean-François Villeret et à son équipe de Tour véhicules électriques qui organisent l'événement sur le terrain !
 

 

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