Spécialisé dans la construction de véhicules zéro émission adaptés à la logistique, Gaussin commence à décliner à l’hydrogène la gamme de ses modèles électriques à batterie. Invité du Club Hydrogène Bourgogne-Franche-Comté porté par le Pôle Véhicule du Futur, Raphaël Perey, chef de projet hydrogène, a présenté la naissance de ces engins off-road H2.
Fondé en 1880, Gaussin se réjouit de compter 50 000 de ses engins en service dans le monde. Ils sont sortis de 5 usines : 3 en Europe, une au Moyen-Orient en coentreprise, et la dernière en Asie-Pacifique (production sous licence). Le tout représente actuellement une capacité de production de 1 500 véhicules par an. Avec un objectif de développement à 5 000 unités d’ici 2023. Environ 2.500 clients sont passés par les agences commerciales réparties en France, aux Etats-Unis, à Singapour et au Qatar. Gaussin, qui se prépare à
participer au rallye Dakar en 2022 avec un camion hydrogène, réserve ses premiers engins à PAC hydrogène pour les besoins des centres de logistiques, des ports et des aéroports. L’entreprise, basée à Héricourt (Haute-Saône), proposera également des solutions de stockage et des stations d’avitaillement dédiées.
Finis les modèles essence ou diesel
«
Gaussin ne construit plus de véhicules essence ou diesel. Nous comptons faire évoluer nos véhicules électriques à batterie vers l’hydrogène », a indiqué ce jeudi 22 avril 2021, Raphaël Perey. «
Nous ne sortons pas de grandes quantités de véhicules. Aussi nous mutualisons les pièces pour nos différents modèles. Elles sont assemblées autour d’une plateforme commune. Le bleu foncé a été choisi comme couleur distinctive des engins fonctionnant à l’hydrogène », a-t-il poursuivi.
Pour l’été, le constructeur devrait avoir terminé le développement de ses 2 premiers modèles hydrogène. A commencer par l’ATM qui sera sans doute livré dans quelques centres logistiques dans la foulée. «
C’est le plus abouti à ce jour de nos modèles hydrogène », a souligné le chef de projet. Il sera suivi par l’APM conçu pour les zones portuaires. Les autres modèles suivront, avec la dose nécessaire de copier/coller au niveau de l’architecture pour gagner du temps tout en bénéficiant de solutions déjà éprouvées.
La batterie en charge de la motricité
C’est la batterie d’une puissance de 85 kW qui sera en charge de la motricité de l’ATM. En option, il sera possible de la recharger sur le secteur. Sans doute peu de clients seront intéressés par cette possibilité qui nécessiterait d’immobiliser de longues heures l’engin, alors que l’avitaillement en hydrogène ne prendra que 3 minutes.
La
pile à combustible Plug Power 15 kW est chargée de maintenir un niveau d’énergie suffisant dans le pack. Elle fonctionne pour cela par plateau de puissance, selon les besoins. Labellisé par le Pôle Véhicule du Futur, l’ATM bénéficie d’une aide financière de l’Ademe pour suite au concours d’innovation i-Nov.
Une configuration spécifique pour la version portuaire
L’APM, pour les zones portuaires, bénéficiera d’une architecture plus consistante avec une batterie d’une puissance de 210 kW et une PAC H2 30 kW. Le dimensionnement des 2 éléments résulte de tests et de simulations. Les piles sont prévues pour durer 20.000 heures dans des conditions de fonctionnement intensives, 24/7, par exemple.
Les engins électriques de Gaussin sont dotés de la régénération au freinage. Ceux fonctionnant avec des piles à combustible le seront aussi. «
C’est une fonctionnalité importante quand on fait de la logistique. Nous récupérons ainsi de 12 à 17% d’énergie » chiffre Raphaël Perey.
Réservoirs 350 bars
Les ATM et APM recevront des réservoirs
Faurecia qui stockeront l’hydrogène sous une pression de 350 bars.