Cet électrolyseur d'eau de mer pourrait révolutionner la production d'hydrogène

Cet électrolyseur d'eau de mer pourrait révolutionner la production d'hydrogène
Si l’électrolyseur développé par sHYp peut être qualifié de révolutionnaire, c’est parce qu’il produit de l’hydrogène sans membrane avec de l’eau de mer ou de la saumure.
 
Produire de l’hydrogène vert à partir d’eau de mer présente l’avantage de ne pas exploiter une ressource nécessaire à la vie de populations locales. L’électrolyseur proposé par sHYp semble parfaitement adapté à un couplage avec des fermes d’éoliennes offshores. L’installation y trouverait sur place les 2 éléments nécessaires à son fonctionnement : de l’eau et de l’électricité à volonté. L’énergie pourrait même être fournie lorsque les besoins électriques ne seraient pas suffisants pour laisser en fonctionnement les éoliennes.
 
Ce scénario est applicable également aux fermes solaires et aux parcs houlomoteurs. L’électrolyseur peut également être placé dans un port ou tout autre environnement à proximité de la mer. Il peut même être embarqué sur des navires et, pourquoi pas, produire l’hydrogène nécessaire aux piles à combustible reliées au moteur.
 

De l’hydrogène vert sans dessalement ni membrane…

Habituellement, les électrolyseurs qui fournissent de l’hydrogène vert pour la mobilité fonctionnent avec des membranes électrolytiques polymères (électrolyse PEM). D’une part afin d’obtenir un gaz suffisamment pur pour les piles à combustible. Ensuite parce que ces installations sont compatibles avec l’intermittence de production de la plupart des sources renouvelables d’énergie. L’électrolyse alcaline est de fait écartée.
 
L’entreprise de Baltimore, important port maritime du Maryland (Etats-Unis), se passe de membranes. En outre l’eau de mer en entrée de l’électrolyseur n’a pas besoin d’être dessalée. La production d’hydrogène peut même être réalisée à partir de saumure.
 

Au même prix que l’hydrogène gris

Utiliser de l’eau de mer ou de la saumure pour alimenter un électrolyseur compte un autre avantage qui n’a rien de négligeable. Des coproduits recherchés peuvent être obtenus. Ainsi de l’hydroxyde de magnésium et du lithium.
 
Dans une architecture plus développée, divers autres produits chimiques dont des carburants de synthèse sont à la clé. En outre le CO2 contenu dans l’eau de mer peut être capturé. Ces opérations sont des sources de revenus susceptibles de faire baisser le coût de production de l’hydrogène au niveau de celui issu du vaporeformage du méthane. C’est cette perspective qui a sans doute décidé la société de capital-risque Green Swan Partners LLC à passer avec sHYp un accord de développement commercial, en préalable à une possible création de coentreprise. Son rôle sera d’explorer les applications, marché et zones géographiques mondiales à privilégier pour diffuser cette innovation.
 

Un électrolyseur imprimé en 3D

Résolument novateur, l’électrolyseur qui pourrait rapidement se répandre à travers le monde se fabrique par impression 3D. Il ne nécessite pas de réseau complexe de tuyauterie, comparé aux technologies existantes. Dès sa construction, cette installation se veut plus légère sur les budgets.
 
Pour Green Swan Partners, Lala Faiz souligne que l’usage de cette technologie « n’entraîne aucun déchet toxique ». Un premier démonstrateur pilote prêt pour la commercialisation devrait être finalisé dès le quatrième trimestre 2021.