Figure de la transition énergétique aux positions parfois controversées, Jean-Marc Jancovici a émis un avis assez tranché quant à l’utilisation de l’hydrogène dans le monde des transports.
« L'hydrogène dans les transports, je ne vois pas l'intérêt ! ». Auditionné le 27 mai dernier au Sénat dans le cadre d’une Commission sur la production, la consommation et le prix de l'électricité aux horizons 2035-2050, Jean-Marc Jancovici a tenu des propos assez cash sur l’hydrogène, et notamment son utilité dans le domaine des transports.
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L'hydrogène est une énergie finale. En tant que telle, elle ne résout donc pas les problèmes d'énergie primaire, c'est un vecteur énergétique qui est concurrent du vecteur électrique » a-t-il introduit, interrogé par les sénateurs sur le sujet.
Un rendement pointé du doigt
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C'est un vecteur énergétique qui a un moins bon rendement que l'électricité » a argumenté le scientifique. «
Dans les transports, son rendement est quatre fois plus faible. Si vous faites de l'hydrogène avec de l'électricité, vous perdez 30 à 40 % au moment de l'électrolyse puis 20 % au moment de la logistique (…). Vous reperdez la moitié dans la pile à combustible du véhicule pour refaire de l'électricité qui va aux roues. En gros, vous avez perdu les trois quarts de l'énergie en chemin par rapport à un système où vous utilisez directement l'électricité (électrique à batteries ndlr) pour la mettre dans les roues » justifie-t-il.
Si le raisonnement du scientifique se tient, n’oublions pas que l’efficience des électrolyseurs et des piles doit encore progresser. A cela viennent s’ajouter les limites de la solution électrique à batteries qui rendent l’hydrogène plus pertinent pour certains usages.