Au lieu d'abandonner ses vieilles locomotives, la Namibie va mélanger diesel et hydrogène

Au lieu d'abandonner ses vieilles locomotives, la Namibie va mélanger diesel et hydrogène
La Namibie expérimente une solution inattendue pour décarboner son réseau ferroviaire. Plutôt que de remplacer sa flotte vieillissante, le pays va tester une locomotive convertie capable de fonctionner avec un mélange de diesel et d’hydrogène vert. Le prototype sera évalué sur plus de 400 km entre Walvis Bay et Windhoek afin de mesurer les performances de cette technologie dans des conditions extrêmes.

L’Afrique cherche aussi à décarboner son activité ferroviaire. En Namibie, la société CMB.TECH travaille ainsi sur une locomotive de fret fonctionnant à l’hydrogène vert en partenariat avec TransNamib, l’opérateur ferroviaire national, et Africa Global Logistics.

Selon un récent communiqué du constructeur, l’assemblage du prototype est en cours dans les installations du spécialiste sud-africain Traxtion. L’objectif consiste à convertir une locomotive existante afin de démontrer la faisabilité de cette technologie. La Namibie dispose en effet d’une flotte importante de locomotives aujourd’hui immobilisées. Leur conversion pourrait constituer une solution plus rapide et moins coûteuse que l’acquisition de nouveaux matériels.

Une motorisation bi-carburant hydrogène-diesel

La locomotive embarquera un moteur à combustion bi-carburant développé par BeHydro, une coentreprise qui réunit CMB.TECH et le constructeur Anglo Belgian Corporation. Le moteur installé développera une puissance de 2 250 chevaux et pourra fonctionner au diesel ou avec un mélange incluant de l’hydrogène vert.

L’hydrogène sera stocké dans un tender placé derrière la locomotive. Ce module transporte deux conteneurs de stockage de vingt pieds contenant chacun jusqu’à 360 kilogrammes d’hydrogène comprimé. Les conteneurs peuvent être ravitaillés sur place ou remplacés rapidement afin de limiter les interruptions d’exploitation.


Un test grandeur nature sur le corridor Walvis Bay-Windhoek

Le projet prévoit une phase d’essai sur l’axe reliant le port de Walvis Bay au terminal de conteneurs près de Windhoek. Particulièrement exigeante, la ligne s’étend sur plus de 400 kilomètres, reliant la côte atlantique et les hauts plateaux namibiens. Le tracé passe d’une altitude de six mètres à plus de 1 600 mètres. Un profil rigoureux mais qui permettra d’éprouver la technologie dans des conditions extrêmes pour mesurer la robustesse du système et évaluer l’impact des variations d’altitude sur la consommation de carburant.

Pendant la période de test, la locomotive effectuera environ cinquante allers-retours. Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a été annoncé.


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