Le 11 décembre dernier, Namx officialisait sa décision d’abandonner la pile à combustible au profit d’un nouveau moteur V8 à combustion hydrogène. Un choix stratégique que nous explique Faouzi Annajah, fondateur et CEO de la marque.
Et si le moteur à hydrogène prenait le pas sur la pile à combustible ? Si beaucoup continuent à croire au potentiel de la « fuel-cell », certains acteurs s’en détournent. C’est le cas de NamX qui a décidé d’équiper son
futur SUV à hydrogène HUV d’un moteur à combustion interne développé en partenariat avec Solution F, une filiale du groupe GCK. Pour justifier ce tournant, H2 Mobile a pu échanger avec Faouzi Annajah, fondateur et CEO de NamX. L’occasion de revenir sur ce nouveau choix technologique mais aussi sur les prochaines étapes avant le début de l’industrialisation, prévue pour 2027.
NamX a choisi d’abandonner la pile à combustible au profit du moteur à combustion hydrogène. Pourquoi ce choix ?
Faouzi Annajah :
Il y a trois grandes raisons qui ont justifié ce choix- là. La première est environnementale. Aujourd'hui, étant donné les niveaux de puissance qu'on voulait atteindre, il fallait embarquer une pile à combustible, deux moteurs électriques et une batterie. On repartait donc dans les travers des matériaux rares et d'un grand nombre de composants. Avec le moteur thermique hydrogène, il n’y a pas de notions de matériaux rares. Il y a également très peu d'émissions. Sur l'ensemble de la chaîne de valeur, c'est- à- dire de la construction jusqu'au recyclage, je considère le moteur thermique hydrogène plus propre qu'une fuel-cell ou qu’une batterie.
La seconde raison, qui n'a peut-être pas été suffisamment mise en exergue, c'est notre volonté de nous différencier sur le marché automobile. Avec le moteur hydrogène, on veut revenir à la passion automobile, à la passion de la conduite, au son d'un moteur qui fait vibrer les marques premium depuis 100 ans. Avec la pile à combustible, on restait dans une voiture électrique avec peu de différences par rapport aux voitures à batteries. En tant que nouveau constructeur, il nous fallait avoir un USP, un unique selling point, qui nous différenciera fortement et durablement sur le marché. C’est un vrai enjeu de positionnement !
Le dernier point, c’est le coût. Il y a aujourd'hui des coûts de production très forts sur la fuel-cell parce qu'il n'y a pas encore assez de volume. Et comme nous voulons une voiture premium qui soit aussi accessible, l'équation est assez complexe.