Tramway à hydrogène
Pourquoi cette ville coréenne abandonne son projet de tram à hydrogène ?
Le tram à hydrogène d'Ulsan n'ira pas plus loin pour l'instant. La ville industrielle du sud-est de la Corée du Sud a décidé de mettre en pause son projet de liaison touristique entre la gare de Taehwagang et le quartier de Jangsaengpo. En cause : une viabilité économique devenue insuffisante pour un projet estimé à 41,4 milliards de wons, soit environ 27 millions d'euros, intégralement financé sur fonds municipaux.
La ligne devait emprunter 4,14 kilomètres d'une ancienne voie ferroviaire portuaire, avec des trams circulant toutes les trente minutes. Sa mise en service était prévue avant l'exposition horticole internationale d'Ulsan de 2028.
La ligne devait emprunter 4,14 kilomètres d'une ancienne voie ferroviaire portuaire, avec des trams circulant toutes les trente minutes. Sa mise en service était prévue avant l'exposition horticole internationale d'Ulsan de 2028.
Un trajet devenu beaucoup plus lent que le bus
La décision pourrait facilement être interprétée comme un désaveu du tram à hydrogène. Mais ce n'est pas ce qui ressort des arguments avancés par la municipalité. Ni le coût de l'hydrogène, ni la disponibilité du ravitaillement, ni la fiabilité des rames ne sont mis en cause. Des essais avaient d'ailleurs été réalisés à Jangsaengpo dès avril 2024. Le problème ne vient pourtant pas de la technologie. Les principales difficultés concernent l'aménagement urbain et, surtout, les conditions d'accès à la future ligne.La passerelle piétonne initialement prévue à la gare de Taehwagang a notamment été abandonnée. Les règles de sécurité n'auraient permis d'effectuer les travaux que de nuit, ce qui aurait considérablement allongé le calendrier et augmenté le coût du chantier. Le quai a parallèlement été déplacé d'environ 400 mètres vers le sud, obligeant les voyageurs à effectuer une correspondance entre une navette et le tram.
Cette modification a sérieusement dégradé l'intérêt de la ligne. Correspondance et attente comprises, rejoindre Jangsaengpo aurait nécessité entre 50 et 60 minutes, contre seulement 13 à 20 minutes avec la ligne de bus 716 qui dessert déjà le même itinéraire.
La municipalité souligne également le manque d'attractions touristiques le long d'un tracé situé dans un environnement essentiellement industriel, ainsi que plusieurs contraintes juridiques liées à l'exploitation de l'ancienne voie ferrée.
« Injecter l'argent du contribuable dans un trajet plus lent qu'un bus relève du gaspillage budgétaire », a tranché Seo Nam-gyo, adjoint au maire chargé de l'administration.
Sur les 16 milliards de wons inscrits au budget cette année, environ 14,5 milliards ont ainsi été supprimés dans un collectif budgétaire. Il ne reste que 1,5 milliard de wons destiné à la fabrication du matériel roulant. En attendant une éventuelle relance du projet, des navettes gratuites assureront la desserte.
La mise en pause du projet ne fait toutefois pas l'unanimité, certains élus réclamant le maintien du programme initial. Ils rappellent notamment que la fabrication des véhicules a déjà commencé.

