Le PDG d’Universal Hydrogen, précurseur dans le domaine de l’avion à hydrogène, vient d’annoncer la mise en cessation de paiement de l’entreprise. Malgré de récents succès, et notamment le vol d’un avion hybride hydrogène il y a quelques mois, la société américaine n’a pas réussi à obtenir les financements nécessaires à la poursuite de son activité.
Il n’est pas facile pour des entreprises qui se positionnent sur des marchés technologiques émergents de financer leur développement, consommateur de trésorerie, alors que les débouchés commerciaux ne seront réels que dans un horizon chiffré en années. Le secteur de l’hydrogène n’échappe pas à cette dure réalité économique.
Hyzon,
Hynet, ou encore
E-Néo en France en font l’expérience. C’est désormais
Universal Hydrogen qui est contrainte de mettre la clé sous la porte (en attendant un éventuel rachat). A cours de liquidités, la startup que le magazine
Fast Company avait inscrite sur sa liste des « entreprises les plus innovantes de 2024 », doit cesser son activité.
Comme l’a souligné son PDG Mark Cousin, dans une lettre à ses actionnaires «
nous n'avons pas été en mesure d'obtenir un financement par capitaux propres ou par emprunt suffisant pour poursuivre nos opérations et nous n'avons pas non plus été en mesure d'obtenir une offre exploitable pour une vente de l'entreprise ou une opération de sortie stratégique similaire ».
Paul Eremenko, qui a cofondé Universal Hydrogen en 2020 (mais a quitté l'entreprise en avril), a récemment affirmé que les sociétés de capital-investissement sont devenues moins optimistes quant aux perspectives financières d’Universal Hydrogen. A l’origine de cette défiance : des taux d'intérêt plus élevés, des craintes d'une récession imminente et la perspective d'une prochaine prise de pouvoir de l’administration Trump à la Maison Blanche.
L'administration Biden a soutenu fortement la filière hydrogène ; ce qui ne sera probablement plus le cas avec un Président Trump proche des lobbys pétroliers.