Iveco et Nikola livreront leurs premiers camions hydrogène en France fin 2023

Iveco et Nikola livreront leurs premiers camions hydrogène en France fin 2023
En test aux Etats-Unis, le camion à hydrogène de Nikola sera industrialisé à Ulm pour l'Europe
Fervent défenseur du gaz naturel pour les véhicules lourds, Iveco se diversifie également au domaine de l’hydrogène à travers des associations avec l'Américain Nikola Motor et le groupe coréen Hyundai. Une stratégie que nous détaille Clément Chandon, directeur produits d’Iveco France.
 

 
En 2020, Iveco annonçait un partenariat avec l’Américain Nikola pour le développement, l’industrialisation et la commercialisation de camions électriques et hydrogène. Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Ce partenariat est extrêmement actif et vivant. En trois ans, il a permis de passer de prototypes à des véhicules produits avec deux usines toutes neuves : une à Ulm (Allemagne) dans le cadre de la joint-venture entre Iveco et Nikola et une seconde aux Etats-Unis où Nikola opère seul.

Sur les véhicules à batteries, la production américaine a déjà démarré. La production européenne débutera au second semestre 2023. Sur l’hydrogène, nous aurons des véhicules de préséries qui seront livrés fin 2023 à des transporteurs français dans le cadre du projet européen H2Haul qui a aussi une déclinaison française, HyAMMED. Au total, la France aura 6 tracteurs 6x2 à hydrogène. Ces véhicules vont être utilisés par Perrenot, Malherbe, Blondel, ID Logistics et Air Liquide. Ils seront exploités pendant deux ans et remplacés à terme par des modèles de série.

Ces déploiements seront associés à la mise en place par Air Liquide d’une station à Fos-sur-Mer (13) capable de délivrer 2 tonnes d’hydrogène par jour.


Quand arriveront les premiers camions hydrogène de série ? Comment seront-ils commercialisés ?

Les premiers véhicules de série sont attendus avant fin 2024. Ce n’est pas si loin ! Ils seront commercialisés sous la marque Nikola. Iveco contribue au développement du véhicule, à sa production à travers la joint-venture à Ulm et à la gestion de la commercialisation et du SAV en Europe.



Quels freins restent à lever pour démocratiser le camion hydrogène en Europe ?

Nous avons fait notre part du travail avec des investissements lourds pour atteindre un niveau de performances très élevé. Nous avons développé un véhicule qui peut parcourir 800 kilomètres, se recharge à 700 bars en 20 minutes pour offrir les mêmes performances qu’un véhicule fonctionnant au diesel, y compris dans des conditions aussi sévères que celle de la traversée des Alpes.

Maintenant, on a besoin de soutien européen pour que le TCO (coût de possession, ndlr) soit acceptable. La technologie doit aussi être améliorée. On a pour ambition d’augmenter le rendement de 10 % d'ici à 2030. L’amélioration du rendement des électrolyseurs sera également un levier important pour faire baisser le prix de l’hydrogène vert.


Au-delà des coûts, l’infrastructure est aussi un défi important. Iveco envisage-t-il de se lancer dans le déploiement de stations pour accompagner le développement de la filière ?

Iveco n’a pas vocation à créer des stations sous sa propre marque. En revanche, Nikola pourrait s’associer à des acteurs européens. C’est déjà le cas aux Etats-Unis.

Quels sont les perspectives pour la France ?

La France est assez en avance sur la technologie hydrogène grâce aux différents appels à projets opérés par l’ADEME.

Si l’ensemble des projets sont financés, cela pourrait représenter 200 véhicules pour Iveco/Nikola à horizon fin 2025. Pour parler de volumes importants, il faudra encore attendre et régler la problématique du coût de la solution.




En septembre à Hanovre, Iveco présentait une version hydrogène du Daily développée avec Hyundai. Ce modèle a-t-il vocation à être commercialisé ?

L’Iveco Daily FCEV n’est qu’un banc d’essai roulant qui ne présente pas en l’état un modèle de série. Il est actuellement en test en Italie avec notre client Fercam. L’idée est de valider les performances et l’usage.

Nous n’avons pas aujourd’hui d’annonce à faire sur sa date de commercialisation. Nous vérifions les performances avec Hyundai puisque la pile et les réservoirs sont dérivés du Nexo. Si nous devions un jour industrialiser ce véhicule, nous aurions une architecture beaucoup plus optimisée.  





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