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Objectif zéro émission en 2050 : le Japon parie sur l'hydrogène

Objectif zéro émission en 2050 : le Japon parie sur l'hydrogène
Le Japon va investir plus de quinze milliards d’euros, d’ici 2030, pour accroître sa capacité à produire de l’hydrogène. Visant une production annuelle de dix millions de tonnes, l’équivalent énergétique de 30 réacteurs nucléaires, il compte développer son utilisation pour la production d'électricité, la sidérurgie et l'automobile. Dans ce secteur Toyota est le leader incontesté, position que devrait encore renforcer la sortie prochaine du nouveau Mirai.
 
L'un des obstacles à l'augmentation de la consommation d'hydrogène en est son coût élevé, presque dix fois supérieur à celui du gaz naturel liquéfié. Pour le ramener au niveau de celui du GNL, qui connaît un fort développement dans l’Empire du Levant, les prévisionnistes ont établi que la consommation annuelle d’hydrogène devrait s’établir autour de dix millions de tonnes.
 
Le gouvernement japonais a donc décidé d’investir massivement et de soutenir financièrement les initiatives de l’association japonaise de l'hydrogène (JH2A,) créée très récemment par quatre-vingt-huit entreprises. Le coup de pouce est le bienvenu, surtout si l’objectif est de s’appuyer sur le développement des piles à combustible pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.
 
En effet, dans le secteur automobile par exemple, où Toyota est pionnier et conquérant au niveau mondial avec 11.000 véhicules à pile à combustible vendus depuis janvier, le constructeur n’a réussi à convaincre que 700 utilisateurs dans son pays sur les douze derniers mois. Chiffre d’autant plus faible qu’en parallèle se sont vendus 20.000 véhicules électriques sur la même période. Toyota mise beaucoup sur l’arrivée de la nouvelle Mirai , dont l’autonomie est accrue de 30 %, par rapport à la précédente version, pour stimuler ses ventes.
 

De l’hydrogène fabriqué à partir de charbon

Dans d’autres secteurs les initiatives ne manquent pas, mais nécessitent de « passer à la vitesse supérieure » pour que la pile à combustible puisse véritablement peser dans la stratégie de réduction des GES du Japon.
 
Dans l’aciérie,  Nippon Steel et d'autres visent à commercialiser d'ici 2050 une technologie de production qui consomme de l'hydrogène au lieu du charbon. En 2018, un consortium d'entreprises japonaises a lancé une entreprise pilote en Australie qui produit de l’hydrogène (envoyé au Japon) à partir de lignite, un charbon de faible qualité. La première expédition est prévue pour 2021. Pour son transport Kawasaki Heavy a pris l'initiative de développer un navire à hydrogène et cherche à commercialiser des tankers à hydrogène d'ici 2030.

Dans ce contexte, Hiroshi Kajiyama (ministre de l'économie, du commerce et de l'industrie) est convaincu que les objectifs de production et d’utilisation de l’hydrogène fixés pour 2030 sont atteignables car «nous allons impliquer un large éventail d'acteurs et réduire les coûts». Effectivement, les savoir-faire sont là, et si les engagements gouvernementaux sont tenus, nul doute que le Japon saura donner une part importante à l’hydrogène dans son mix énergétique.