Japon : un pays précurseur
Le Japon a été un des premiers pays à élaborer une stratégie pour le développement des technologies hydrogène. « Diverses entreprises au Japon ont développé un large éventail de technologies liées à hydrogène dont beaucoup à un stade relativement avancé. Le gouvernement qui soutient désormais l’ensemble de la chaine d’approvisionnement étudie plusieurs modes de transport et stockage ainsi qu’un vaste ensemble d’applications » explique Monica Nagashima, chercheuse au sein de l'Institute of Energy Economics Japan (IEEJ).Un pays dans lequel l’hydrogène va bien au-delà du simple secteur de la mobilité. « Quand on pense hydrogène on imagine souvent une voiture équipée d’une PAC mais une société de l’hydrogène doit aller au-delà de ça » explique la chercheuse. « Le Japon importe plus de 90 % de son énergie. La faible superficie du pays limité le développement de l’éolien et du solaire et l’arrêt du parc nucléaire après Fukushima a rendu le Japon encore plus dépendant des énergies fossiles ».
Ambitionnant de réduire de 80 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, le Japon a défini deux objectifs prioritaires sur l’hydrogène : rendre la molécule compétitive par rapport aux autres énergies et réduire le coût des infrastructures. « Le Japon est sans doute le pays où il y a le plus de stations hydrogène – 116 actuellement – mais leur coût est presque deux fois plus élevé qu’en Europe à cause d’une réglementation très stricte et contraignante qui spécifie le type de matériaux utiliser pour leur construction. Il y a aussi des règles concernant les dimensions et l’espace autour de ces installations. Dans des villes comme Tokyo où le foncier est très cher, cela peut alourdir les coûts » détaille Monica Nagashima.
Chine : un géant en éveil
Après avoir longtemps concentré ses efforts sur les voitures électriques à batteries, la Chine a depuis réorienté sa stratégie et ses financements vers l’hydrogène. Elle vise un objectif de 230 millions de véhicules à pile à combustible sur les routes d’ici 2030. « La chine étant le plus gros marché mondial de voitures électriques à batterie, il est peut-être difficile d’envisager le développement des voitures individuelles hydrogène. Il y a toutefois un engouement pour les transports lourds : camions et bus. » analyse la chercheuse de l’IEEJ.« Pour le moment, l’industrie chinoise des piles à combustible en est à ses débuts comme celle des piles au lithium en 2012. La recherche sur les PAC est soutenue par les politiques et les gouvernements locaux qui cherchent à créer des industries locales » explique Monica Nagashima qui cite pour exemple la ville de Zhangjiakou qui prévoit la mise en place de 70 bus à hydrogène dans le cadre des Jeux Olympiques 2022.
Corée du Sud : Hyundai pour fer de lance
En Corée du Sud, l’hydrogène a également pris une importance particulière et l’Etat finance à hauteur de 50 % l’acquisition de voitures à pile à combustible. Objectif : déployer 820.000 véhicules et 700 stations à travers le pays d’ici 2030.« La Corée du Sud est très axée sur le développement des voitures à pile à combustible et des grands générateurs électriques à pile hydrogène. Hyundai est le premier constructeur au monde à avoir lancé une voiture à PAC en 2013.A l’époque, il n’y avait pas beaucoup de demande mais 5 ans plus tard, Hyundai a sorti une autre voiture hydrogène (Hyundai Nexo ndlr) qui a largement dépassé la Toyota Mirai dès la première année » précise Monica Nagashima.

