Le camion approvisionne la division Technology Exterior Components en pièces destinées notamment aux pare-chocs et aux becquets. Dans une seconde phase, il doit également assurer des livraisons vers l’assemblage véhicule en flux tendu. Une annonce qui intervient une semaine après le lancement de la canalisation qui doit raccorder le site de Leipzig au réseau allemand d’hydrogène d’ici 2028. L’usine utilise déjà plus de 230 chariots élévateurs à pile à combustible.




Un moteur à combustion plutôt qu’une pile à combustible

Le choix technique est au cœur du projet. Le camion utilise un moteur dérivé d’une architecture diesel, dans lequel l’hydrogène est directement brûlé. Malheureusement, BMW ne précise pas dans son communiqué d'infos techniques sur le prototype expérimenté, qu'il s'agisse des performances du moteur ou de la configuration des réservoirs hydrogène. Le constructeur met néanmoins en avant deux avantages : une intégration plus simple dans les structures de maintenance existantes et des performances comparables à celles d’un diesel sous forte charge.

Le constructeur insiste aussi sur un point plus discret : ce type de moteur serait moins sensible aux variations de qualité de l’hydrogène qu’une pile à combustible. Une différence potentiellement importante pour garantir la disponibilité des véhicules sur un réseau de ravitaillement encore en développement.




BMW teste les usages où l’hydrogène peut faire la différence

L’expérimentation s’inscrit dans le cadre du projet HyCET, financé depuis 2022 par le ministère fédéral allemand des Transports. Le moteur a été développé par DEUTZ, Rudolph Logistics exploite le véhicule et TEAL Mobility fournit les infrastructures de ravitaillement.

L’objectif est d’évaluer la technologie sur les plans technique, opérationnel, environnemental et économique, mais surtout d’identifier les usages où elle pourrait être réellement pertinente.

BMW, qui prépare en parallèle le lancement du nouvel iX5 à hydrogène, présente son camion à combustion hydrogène comme un complément au camion électrique à batteries, notamment pour les kilométrages élevés, les exploitations en plusieurs équipes ou les sites où la puissance électrique disponible est insuffisante.

Le constructeur bavarois n'est d'ailleurs pas le seul à s'intéteresser à la solution. Volvo mène lui aussi des essais et travaille avec Cespira sur un moteur de 13 litres destiné au marché européen tandis que MAN exploite son MAN hTGX en petite série. De son côté, le groupe Daimler a choisi de s'associer au spécialiste KEYOU en parallèle des travaux sur le Mercedes GenH2.