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La conversion de véhicules à l'hydrogène bientôt autorisée en France

La conversion de véhicules à l'hydrogène bientôt autorisée en France
Courant de l’année 2020, faire transformer en électrique à pile à combustible hydrogène son véhicule à motorisation essence ou diesel devrait devenir possible en passant par un professionnel agréé et habilité. 

Retrofit

Depuis 2017, la Fédération nationale de l’artisanat automobile (FNA) s’active à collaborer avec le gouvernement, via la direction générale de l’Energie et du Climat, pour définir un cadre juridique et technique d’homologation du rétrofit électrique. Jusqu’à présent, les contours du dossier semblaient se limiter à la conversion des voitures particulières avec un moteur électrique et une batterie de traction.

Dans son tout récent communiqué, la FNA indique : « Depuis plus de 3 ans, les échanges avec le ministère de l’Ecologie ont abouti à sérier les étapes de la conversion vers des  motorisations électriques à batterie ou à pile à combustible ».
 

Véhicules lourds

Président de la branche Maintenance - Vente, et plus particulièrement chargé des questions liées à l’électromobilité, Jérémy Cantin envisage principalement la conversion à pile hydrogène pour les véhicules lourds. A travers son entreprise e-Néo, basée en Vendée, il prévoit d’avoir lui-même à procéder à de telles transformations. Ce sera peut-être aussi le cas des partenaires engagés avec lui dans l’AIRe (Acteurs de l’industrie du rétrofit électrique).

Au côté des entreprises Ian Motion et Retrofuture Electric Vehicles qui s’intéressent principalement aux voitures particulières, Carwatt s’est spécialisée dans la transformation de véhicules industriels, aéroportuaires, fluviaux, etc. Une palette pour laquelle la solution H2 paraît désormais idéale, voire incontournable.
 

Professionnels agréés

Déjà autorisé dans différents pays européens, parfois avec une très grande liberté, le rétrofit ne pourrait être réalisé en France que par un professionnel agréé et habilité.

« Groupe motopropulseur électrique, freinage, certification des accumulateurs (puissance, autonomie), poids maximal (dont sa répartition) du véhicule, composants électriques, hauteur de caisse, suspension, sont passés en revue tout en conservant les fonctions de sécurité active et passive conformément à l’origine du véhicule », détaille la FNA. A l’issue du parcours, les engins convertis devront être en parfait état, à tous les niveaux, et répondre aux exigences en vigueur en termes de sécurité.
 

Conversion portable

Il y a quelques années, il était quasiment impossible de récupérer les équipements GPL d’un véhicule pour les installer sur un autre. En plus de militer pour que le rétrofit électrique soit éligible au bonus environnemental du gouvernement, la FNA a poussé les pions de telle sorte que l’architecture soit portable sur un autre véhicule du même type.

Ce qui est particulièrement intéressant pour les flottes d’entreprises. Imaginons le cas d’une société de messagerie qui exploite des dizaines d’exemplaires du même modèle d’utilitaire. Au bout de quelques années, plusieurs d’entre eux, déjà convertis, sortiront du parc, mais leurs groupes motopropulseurs électriques à pile hydrogène pourront permettre de modifier des véhicules plus récents.
 

Courant 2020

 « Le texte est parti à Bruxelles pour présentation aux autres pays européens. Il reviendra en février à la DGEC », assure Jérémy Cantin.

C’est alors qu’il devrait déboucher sur des articles modifiant la législation française. En plus de soutenir la feuille de route de décarbonation de la mobilité, le rétrofit devrait dynamiser les emplois dans la filière de l’artisanat automobile. Tout est prêt et sur les rails : plus qu’une poignée de mois d’attente.