Construite directement sur le site d’une station de traitement des eaux usées, l’installation transforme le biogaz issu des boues d’épuration en hydrogène. Sa capacité atteint actuellement 500 kg par jour, avec un objectif fixé à 2 tonnes quotidiennes à l’horizon 2030.

La production est directement associée à une station de ravitaillement capable d’alimenter jusqu’à 100 véhicules à pile à combustible chaque jour. Une capacité comparable à celle d’une grande station hydrogène urbaine.

Hyundai change d’échelle dans la production d’hydrogène à partir des déchets

Le groupe sud-coréen ne part pas de zéro. En 2023, Hyundai avait déjà signé un protocole d’accord avec SL Corp pour développer une installation pilote produisant 216 kg d’hydrogène par jour à partir de déchets alimentaires.

Avec Cheongju, Hyundai s’attaque à une autre ressource abondante : les boues générées par les stations d’épuration. En Corée du Sud, leur potentiel annuel de production de biogaz est évalué à environ 2,5 TWh.
Comment les boues d’épuration deviennent-elles de l’hydrogène ?
L’installation utilise un procédé de vaporeformage. Le biogaz produit par la décomposition des boues est d’abord épuré afin d’obtenir du biométhane. Celui-ci est ensuite soumis à de la vapeur à haute température pour générer de l’hydrogène.
Cette technique permet d’obtenir un carburant utilisable dans les véhicules à pile à combustible, mais elle produit également du CO2. Hyundai indique que ce dioxyde de carbone est « purifié et comprimé », sans toutefois préciser clairement ce qu’il devient ensuite.

Deux installations de 500 kg par jour en quelques semaines

Hyundai n’est pas le seul acteur à miser sur cette technologie en Corée du Sud. Une autre unité reposant sur le même principe a récemment été mise en service à Séoul. Exploitée par EcoSimplex, elle produit elle aussi 500 kg d’hydrogène par jour à partir du biogaz d’une station d’épuration locale. Son inauguration commerciale avait été annoncée quelques semaines avant celle du site de Cheongju.

La Corée du Sud dispose ainsi, en l’espace de quelques semaines, de deux installations de capacité similaire utilisant les eaux usées pour alimenter la mobilité hydrogène. Cette multiplication des projets confirme que le pays ne se limite plus à des démonstrateurs. Il commence à structurer une véritable filière industrielle autour de la production décentralisée d’hydrogène à partir des déchets.

Une stratégie que n'a pas choisie la France qui opte plutôt sur une transformation en biométhane injecté dans les réseaux pour servir différents usages, dont celui de la mobilité bioGNV

Hyundai veut exporter son modèle « waste-to-hydrogen »

Le projet de Cheongju s’inscrit dans une stratégie plus large. Hyundai travaille également sur la production d’hydrogène à partir de déchets alimentaires, de déchets plastiques et d’autres flux de matières résiduelles. En mai 2026, le groupe a notamment soutenu le développement d’un écosystème hydrogène à Hong Kong reposant sur des procédés « waste-to-hydrogen ».

Le constructeur avance en parallèle sur des technologies permettant de produire de l’hydrogène à partir de déchets plastiques. L’objectif est de diversifier les ressources disponibles tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles importées.