Sur le plan technique, ZeroAvia met en avant plusieurs atouts de l’hydrogène pour la défense : une endurance multipliée par trois à cinq pour les drones par rapport aux solutions actuelles, une signature infrarouge réduite (pas d’échappement chaud), un fonctionnement silencieux, et la possibilité de produire l’hydrogène directement sur des sites avancés via des unités d’électrolyse mobiles.

Le ZA600, le groupe motopropulseur 600 kW de ZeroAvia, avait obtenu son autorisation d’essais en vol de la CAA britannique en décembre 2022. Depuis, la certification commerciale sur le Cessna Caravan a été repoussée à plusieurs reprises : la cible actuelle est la première moitié 2027. C’est dans ce contexte qu’un accord défense prend tout son sens stratégique : les contrats militaires ont des exigences de certification spécifiques, souvent plus accessibles que les procédures civiles CAA/EASA, et les budgets sont moins sensibles au prix unitaire.
 

Un accord signé six semaines après le départ du fondateur

Le timing mérite d’être noté. Valery Miftakhov, fondateur et CEO de ZeroAvia depuis 2017, a quitté ses fonctions le 26 mai 2026. C’est la première annonce de partenariat majeur de la société depuis cette transition. Sans information publique sur le nouveau dirigeant, il est difficile d’évaluer si cette collaboration marque une continuité ou une inflexion stratégique. Le mot « explorer » dans le titre de l’accord indique qu’aucune commande n’a été passée : il s’agit d’étudier la faisabilité d’une intégration sur des plateformes spécifiques, à identifier.

Pour une société qui n’a pas encore de produit certifié en service commercial, chaque contrat d’étude avec un acteur institutionnel crédible comme Marshall est utile, autant pour la visibilité que pour le financement de la R&D.