La stratégie de 2020 visait 6 GW d'électrolyseurs dès 2024 et 40 GW en 2030. Le plan REPowerEU y a ajouté 10 millions de tonnes d'hydrogène renouvelable produites en Europe et autant d'importées en 2030. Fin 2025, l'Observatoire européen de l'hydrogène ne recensait pourtant que 572 MW d'électrolyse en service, et 3,3 GW en construction d'ici 2029. Selon nos calculs, même une fois ces chantiers terminés, l'Europe atteindrait moins de 10 % de l'objectif de 40 GW. Surprenant ? Pas vraiment : dès 2024, la Cour des comptes européenne jugeait ces objectifs trop ambitieux, dictés par la volonté politique plus que par l'analyse.
Les quotas RFNBO et les stations dans la balance
Le calendrier n'a rien d'anodin. La nouvelle stratégie sera élaborée en parallèle du cadre des énergies renouvelables pour l'après-2030, qui doit contribuer à l'objectif climatique européen de 2040. C'est là que se joue l'avenir des quotas d'hydrogène renouvelable d'origine non biologique (RFNBO) : 42 % de l'hydrogène consommé par l'industrie en 2030, et au moins 1 % de l'énergie fournie aux transports.Fin septembre, 170 entreprises ont demandé à la Commission de maintenir ces obligations au-delà de 2030, même si plusieurs signataires jugent certaines règles de production trop coûteuses. Pour la mobilité, la révision du règlement AFIR sur les infrastructures de recharge et d'avitaillement, attendue d'ici fin 2026, décidera aussi du maintien des objectifs de stations hydrogène.

