Relayé par le Hydrogen Council, Hydrogen Europe et la Renewable Hydrogen Coalition, le courrier vise notamment la future révision de la directive sur les énergies renouvelables. Les signataires couvrent l'ensemble de la chaîne de valeur, des producteurs d'électricité renouvelable aux fabricants d'électrolyseurs et utilisateurs industriels.
 

Plus de 15 milliards d'euros déjà engagés

Le cadre RED III prévoit qu'à partir de 2030, 42 % de l'hydrogène consommé dans l'industrie soit d'origine renouvelable non biologique, une part portée à 60 % en 2035. Dans les transports, les RFNBO doivent représenter au moins 1 % de l'énergie fournie en 2030. 

Pour défendre leur maintien, les entreprises mettent en avant plus de 15 milliards d'euros d'investissements déjà engagés en Europe dans les applications finales de l'hydrogène. Ceux-ci auraient progressé de 35 % en un an, tandis que plus de 4 GW de capacités d'électrolyse seraient en construction.

Selon les signataires, atteindre les objectifs existants pourrait générer 50 à 60 milliards d'euros d'investissements supplémentaires et permettre d'éviter environ 30 millions de tonnes de CO2 par an.


 

« C'est un test pour la crédibilité de l'Europe »

« C'est un test pour la crédibilité de l'Europe », estime Jorgo Chatzimarkakis, directeur général de Hydrogen Europe. « Affaiblir les objectifs en matière d'hydrogène renouvelable maintenant reviendrait à changer la donne en cours de route et à trahir non seulement la centaine d'entreprises européennes qui ont investi dans ce cadre, mais aussi les innombrables entreprises internationales qui se sont efforcées de se conformer à la réglementation RFNBO» avertit-il.

Les signataires ne réclament toutefois pas un statu quo intégral. Plusieurs industriels, dont Shell, Repsol et Yara, contestent notamment certaines modalités de production des RFNBO jugées trop coûteuses. Ils demandent donc d'améliorer le cadre plutôt que de supprimer ses objectifs contraignants.

Un paradoxe demeure : selon l'observatoire européen de l'hydrogène, seuls quatre États membres sur 27 avaient transposé les mandats RFNBO dans leur droit national pour le transport comme pour l'industrie en novembre 2025. Avant même leur éventuel maintien après 2030, leur application reste donc largement inachevée.