Très impliqués dans l'électrique à batteries, les constructeurs chinois avancent également sur l'hydrogène. Interrogé sur le sujet lors des Rencontres de la Filière by Solutrans+, le 22 octobre à Lyon, Jean-Marc Diss, directeur ventes et marketing de Mercedes-Benz Trucks, a rappelé que Daimler Truck n'avait pas attendu les constructeurs chinois pour miser sur la pile à combustible.
« Une flèche supplémentaire »
« Chez Daimler Truck, nous travaillons sur l'hydrogène depuis très longtemps », a rappelé Jean-Marc Diss lors de la table ronde consacrée à l'offensive des constructeurs chinois. Pour lui, l'hydrogène répond à une limite de l'électrique : l'accès à l'énergie. «
Dans certains pays, l'accès à l'électricité est limité, au moins en quantité. Et en Pologne, elle est produite à partir du charbon : ce n'est sans doute pas la meilleure idée. » D'où sa conviction : l'hydrogène apporte «
une flèche supplémentaire » et une vraie complémentarité avec l'électrique.
Jean-Marc Diss, directeur ventes et marketing de Mercedes-Benz Trucks,faisait partie des intervenants des Rencontres de la Filière by Solutrans+, organisées le 22 octobre dernier à Lyon.
Le constructeur, qui teste des camions hydrogène depuis des années, livrera cette année ses
50 premiers véhicules de série et vise une production en grande série d'ici la fin de la décennie. Le rythme dépendra des États. «
L'Allemagne pousse très fort sur l'hydrogène et débloque des moyens importants pour en faciliter l'accès », souligne-t-il. Mais les politiques varient fortement d'un pays européen à l'autre.
Toyota, un jalon majeur pour cellcentric
Daimler Truck développe sa pile à combustible au sein de cellcentric, coentreprise créée avec le groupe Volvo. L'entrée de Toyota au capital marque un jalon majeur. «
C'est la meilleure confirmation que nous sommes sur la bonne voie », estime Jean-Marc Diss. «
On connaît la puissance de Toyota, et depuis combien de temps il la détient. » poursuit-il.
Annoncée en mars 2026, l'arrivée du constructeur japonais a fait l'objet d'un
accord engageant cet été. Toyota, Daimler Truck et Volvo détiendront chacun un tiers de la coentreprise. La finalisation est attendue fin 2026 ou début 2027, sous réserve des autorisations réglementaires.
Pas question pour autant d'opposer les technologies. «
Pour réduire l'empreinte carbone du transport, l'électrique ne suffira pas, insiste Jean-Marc Diss. Il faut continuer à réduire la consommation du diesel, introduire plus de camions électriques, plus vite, et compléter avec l'hydrogène. »