Le site n'est pas novice en la matière. Leipzig utilise l'hydrogène dans sa logistique interne depuis 2013 et exploite aujourd'hui la plus grande flotte européenne de chariots élévateurs et de trains de manutention à pile à combustible, avec plus de 230 engins. Depuis 2022, l'usine emploie aussi l'hydrogène dans son atelier peinture, équipé de onze fours bicarburant capables de basculer entre gaz naturel et hydrogène.
C'est précisément cet usage que le raccordement doit permettre d'étendre. « Cette canalisation nous permettra d'alimenter notre atelier peinture à l'hydrogène dans des proportions bien supérieures à ce qui était possible jusqu'ici », indique Petra Peterhänsel, directrice du site. Une fois connectée, l'usine pourra faire fonctionner ses procédés à haute température, comme le séchage des peintures, uniquement à l'hydrogène plutôt qu'au gaz naturel.
Un développement sous conditions de moyens publics
Le constructeur assortit son annonce d'une liste de conditions adressées aux pouvoirs publics : accélération du déploiement des infrastructures, tarifs d'accès aux réseaux compétitifs, disponibilité de molécules bas-carbone à coût maîtrisé, visibilité pour les investissements et certifications reconnues à l'échelle européenne. Autant de points qui restent ouverts dans le déploiement du réseau allemand.A ce stade, l'usage industriel constitue le débouché le plus solide de l'hydrogène en Europe, loin devant la mobilité. Les procédés thermiques à haute température comme le séchage de peinture figurent parmi les rares applications où l'électrification directe reste techniquement délicate, ce qui explique que les constructeurs automobiles y recourent pour leurs propres sites alors même qu'ils ont renoncé à la pile à combustible sur leurs voitures particulières.

